Glencore confie une part plus importante de la gestion de ses activités en République démocratique du Congo à des dirigeants congolais, notamment dans les domaines opérationnel, financier et institutionnel.
Le groupe a nommé Yannick Makola au poste de directeur général de Kamoto Copper Company (KCC) et Yves Ilunga à celui de vice-président des finances de Glencore RDC. Marie-Chantal Kaninda demeure présidente de Glencore RDC et présidente du conseil d’administration de KCC.
Cette nouvelle organisation place ainsi des cadres congolais à plusieurs niveaux de décision : relations avec l’État et les autres parties prenantes, gestion quotidienne de KCC et supervision financière des activités du groupe dans le pays.
Avant sa nomination, Yannick Makola occupait le poste de directeur des opérations de KCC. Il avait rejoint l’entreprise en 2020 comme directeur général chargé du traitement, avant de progresser vers des responsabilités opérationnelles plus larges. Il devient le premier Congolais à diriger KCC depuis la création de la société, selon l’entreprise.
Yves Ilunga dispose, pour sa part, d’une expérience couvrant plusieurs composantes du portefeuille congolais de Glencore. Il a précédemment dirigé Mutanda Mining, occupé le poste de vice-président du développement commercial de Glencore RDC, puis celui de directeur financier de KCC.
Riaan Vermeulen, ancien directeur général de KCC, devient directeur des opérations pour l’Afrique. Il supervisera notamment KCC et Mutanda Mining. Mark Davis, qui dirigeait Glencore Copper Africa, rejoint la division Nickel-Zinc du groupe en qualité de directeur industriel.
La localisation au-delà des effectifs
La portée de cette réorganisation dépasse la seule représentation des cadres nationaux dans l’organigramme. En RDC, le contenu local minier est souvent évalué à travers le nombre d’emplois créés, les contrats accordés aux entreprises congolaises et la participation nationale dans la sous-traitance.
La question de savoir qui contrôle les opérations, les budgets, les achats et la planification à long terme reçoit généralement moins d’attention.
Glencore indique employer environ 18 000 personnes dans le cadre de ses activités en RDC, dont une large majorité de ressortissants congolais. Ses deux opérations, KCC et Mutanda, occupent une place importante dans l’économie industrielle de Kolwezi et dans la production congolaise de cuivre et de cobalt.
L’arrivée de dirigeants congolais à la tête des opérations et des finances peut renforcer la connaissance institutionnelle des actifs et accroître la prise en compte du contexte national dans les décisions touchant à la production, aux fournisseurs, aux employés et aux relations avec l’État.
Cependant, la localisation de la direction ne constitue pas un changement d’actionnariat. KCC reste une coentreprise associant Glencore, Gécamines et l’État congolais, tandis que ce dernier détient une participation de 5 % dans Mutanda Mining. Glencore conserve également une supervision régionale de ses actifs à travers sa direction des opérations pour l’Afrique.
Une réorganisation dans un contexte stratégique
Ces nominations interviennent alors qu’une évolution de l’actionnariat indirect de KCC et de Mutanda reste à l’étude.
En février 2026, le consortium américain Orion Critical Mineral Consortium a signé un protocole d’accord non contraignant en vue d’acquérir une participation de 40 % dans les intérêts détenus par Glencore dans les deux opérations. La transaction envisagée n’a pas encore atteint le stade d’un accord définitif.
L’éventuelle arrivée d’un nouvel investisseur donnerait une importance supplémentaire à la structure dirigeante locale. Celui-ci entrerait dans des actifs désormais placés sous la responsabilité de cadres congolais disposant d’une expérience directe des opérations, des institutions publiques et de l’environnement économique national.
La véritable mesure de cette localisation ne résidera donc pas uniquement dans la nationalité des dirigeants nommés. Elle dépendra de leur capacité à agir sur les budgets, la production, les achats, le développement des fournisseurs et la planification à long terme des mines.
Elle se mesurera également à la capacité de Glencore à former, sous cette nouvelle direction, une génération plus large de cadres congolais susceptibles d’accéder à leur tour aux plus hautes responsabilités techniques et exécutives.