Quand l'entité opératrice de Kisanfu dépose une demande de concession d'installation électrique dédiée de 30 MVA, elle fait ce que Kamoa-Kakula a fait en réhabilitant Mwadingusha, ce que Mutanda fait avec ses configurations hybrides, et ce que pratiquement toute grande opération minière du Copperbelt congolais a fait, de différentes manières et à différentes échelles, depuis la dernière décennie.
Elle décide que SNEL ne peut pas être considérée comme la source d'alimentation principale pour une opération dont l'usine de traitement ne fonctionnera pas en dessous d'un seuil minimal de fiabilité électrique.
Cette décision est commercialement rationnelle et opérationnellement nécessaire. Elle est aussi, dans l'ensemble, un verdict sur le service public national d'électricité de la RDC que les décideurs politiques énergétiques du pays ne peuvent pas ignorer indéfiniment. La RDC a le deuxième plus grand potentiel hydroélectrique sur terre. Elle a le secteur minier cuivre-cobalt le plus commercialement dense au monde — une base de demande d'électricité industrielle qui devrait être le moteur financier d'un service public national. Au lieu de cela, cette base de demande se construit autour de SNEL. Une concession de 30 MVA à la fois.
La demande de Kisanfu n'est pas une annonce de crise. C'est un dépôt réglementaire routinier. Mais les dépôts réglementaires routiniers, accumulés dans les grandes opérations du Copperbelt, vous disent plus sur l'état structurel du secteur énergétique de la RDC que n'importe quel document politique.