Le Ghana renforce la supervision de son secteur aurifère artisanal et à petite échelle au moyen de révisions des licences, de campagnes d’application de la loi et de nouveaux contrôles du commerce visant à acheminer une plus grande part de la production vers les circuits formels. Cette démarche reflète le poids économique du secteur et la préoccupation du gouvernement face au fait que de grands volumes d’or continuent de quitter le pays en dehors des systèmes officiels.
L’or est la première exportation du Ghana, avec une production annuelle généralement supérieure à 4 millions d’onces lorsque la production à grande échelle et à petite échelle est combinée. Aux côtés des mines industrielles exploitées par Newmont, Gold Fields, AngloGold Ashanti et Asante Gold, le pays dispose d’un vaste réseau de mineurs à petite échelle dont la production soutient les revenus ruraux, mais qui a aussi été liée à la pollution des rivières, à la dégradation des terres et à des pertes fiscales.
L’exploitation minière à petite échelle demeure économiquement importante
Les données officielles de ces dernières années ont montré que les mineurs à petite échelle peuvent représenter plus d’un tiers de la production totale d’or du Ghana lors des bonnes années. Cela rend la réglementation difficile : le secteur est trop vaste pour être supprimé purement et simplement, mais trop fragmenté pour être facilement surveillé. Les autorités se sont donc concentrées sur la formalisation, les structures d’achat locales et la traçabilité numérique.
Les programmes Gold for Oil et d’achat domestique d’or du gouvernement ont également accru l’attention portée à la commercialisation de la production artisanale et à petite échelle. Les décideurs veulent qu’une plus grande part de cette production soit vendue par des circuits légaux afin de soutenir les réserves, la collecte des impôts et la gestion des devises.
L’application des règles environnementales s’intensifie
L’exploitation minière illégale, connue localement sous le nom de galamsey, demeure un enjeu politique et environnemental. Les agences de sécurité et les régulateurs ont élargi les opérations contre les puits non autorisés et les activités de dragage, en particulier dans les réserves forestières et les systèmes fluviaux. Les dommages causés aux plans d’eau ont touché les zones agricoles et augmenté les coûts de traitement pour les services publics.
Dans le même temps, les autorités ont fait l’objet de critiques de la part des communautés et des groupes de la société civile, qui estiment que l’application de la loi a été inégale et que les exploitants légaux à petite échelle peinent à obtenir les permis en raison de retards. Le défi politique consiste à distinguer les mineurs locaux titulaires de licences des réseaux criminels et des filières de contrebande.
Les grands producteurs continuent d’ancrer les exportations
La base aurifère industrielle du Ghana demeure importante. Les mines Ahafo et Akyem de Newmont, les opérations Tarkwa et Damang de Gold Fields, ainsi que la mine Obuasi d’AngloGold Ashanti figurent parmi les actifs phares du pays. La remise en valeur d’Obuasi a été l’un des dossiers de production les plus suivis en Afrique de l’Ouest, tandis que Tarkwa reste une importante exploitation à ciel ouvert.
La hausse des prix internationaux de l’or a soutenu les revenus, mais elle a aussi renforcé les incitations à l’extraction illégale et à la sous-déclaration. C’est l’une des raisons pour lesquelles les régulateurs tentent d’améliorer les contrôles d’analyse, le suivi des exportations et le rôle des agrégeurs titulaires de licences.
- Première matière première : Or
- Principal enjeu : Formaliser la production à petite échelle et réduire la contrebande
- Exploitants à grande échelle : Newmont, Gold Fields, AngloGold Ashanti, Asante Gold
- Préoccupation environnementale : Pollution des rivières et dégradation des terres dues à l’exploitation minière illégale
Pour les investisseurs miniers, le Ghana demeure l’une des juridictions aurifères les plus établies d’Afrique. La variable à court terme n’est pas la géologie, mais la capacité de l’État à réglementer efficacement le segment informel du marché sans perturber la production locale légitime.