La Société Anhui-Congo pour l’Investissement Minier (SACIM) opère dans la province du Kasaï-Oriental de la République démocratique du Congo à un moment où le secteur minier du pays fait l’objet d’un examen minutieux. Détenue conjointement par l’État congolais et une entreprise chinoise de construction, SACIM peine à honorer ses obligations financières et sociales. Des sources locales indiquent que l’entreprise ne parvient pas à payer les salaires, à fournir à son personnel la nourriture et l’assistance médicale nécessaires, ni à renouveler les équipements de production essentiels — un ensemble de facteurs qui compromet sa compétitivité opérationnelle ainsi que les retombées de développement plus larges que le secteur minier est censé générer.
Au cœur de la controverse se trouve la gestion des exportations de diamants. Un décret administratif publié en février 2022 a accordé au Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC) un monopole sur les ventes internationales de diamants issus des mines congolaises. Ce cadre réglementaire, largement critiqué pour son incompatibilité avec la loi minière révisée du pays, s’est accompagné d’une forte baisse des recettes tirées des exportations de diamants. Alors que les exportations ont généré environ 229,3 millions de dollars en 2016, ce chiffre est tombé à 113 millions de dollars en 2020, puis à 86 millions de dollars en 2023. Bien qu’une légère reprise ait été observée au début de 2024, cette tendance soulève de sérieuses questions quant à l’efficacité du système actuel, ainsi qu’à sa viabilité à long terme.
La situation est encore compliquée par le rôle du partenaire chinois de SACIM. Son entrée dans la société était conditionnée par des promesses de financement d’une série de projets d’infrastructure dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et de la santé publique. Pourtant, ces engagements sont restés en grande partie lettre morte, poussant le gouvernement congolais à envisager des mesures visant à renforcer sa supervision du secteur minier. L’objectif est de veiller à ce que les revenus tirés de l’abondante richesse minérale du pays soient réorientés vers le soutien au développement national plutôt que de simplement enrichir des investisseurs et intermédiaires étrangers.
Cette situation illustre un défi récurrent dans les pays riches en ressources. La RDC, malgré ses vastes gisements, a longtemps été confrontée à des problèmes de gouvernance et à un cadre réglementaire qui ne parvient pas à capter toute la valeur économique de ses ressources naturelles. Le cas de SACIM montre comment des mesures administratives, lorsqu’elles sont mal mises en œuvre, peuvent entraîner d’importantes pertes de recettes et freiner les investissements dans des infrastructures essentielles.