Le Zimbabwe a ordonné le respect immédiat d’un quota de 98 % de cadres zimbabwéens dans toutes les mines, une directive qui oblige les opérateurs chinois du lithium, notamment Huayou Cobalt et Sinomine, à restructurer le personnel de leurs activités de Kamativi, Bikita et Goromonzi sans période de transition. Le ministre des Mines, Dr. Polite Kambamura, a invoqué la Mines and Minerals Act et les Safety Regulations de 1990 comme base juridique, avertissant d’une suspension de licence et d’une révocation des concessions minières en cas de non-respect.
Le risque de perturbation commerciale est important et immédiat. Les opérations minières chinoises au Zimbabwe ont été caractérisées par des structures de direction entièrement composées d’expatriés — un modèle qui ne peut pas être restructuré du jour au lendemain sans affecter la continuité opérationnelle, étant donné que les fonctions de gestion minière, de sécurité et d’ingénierie exigent à la fois des qualifications et une connaissance spécifique du site. L’exigence selon laquelle les lacunes en compétences doivent justifier toute conservation d’expatriés au-delà du seuil de 2 % fait peser la charge de la preuve sur les opérateurs plutôt que sur le régulateur.
Pour les investisseurs qui suivent le secteur minier du Zimbabwe — qui a attiré d’importants capitaux chinois dans le lithium, l’or et le chrome — cette directive constitue la mesure de contenu local la plus agressive mise en œuvre par le pays et signale un durcissement de la position du gouvernement à l’égard des opérateurs chinois en particulier. La levée de fonds de 764 millions de dollars de Sinomine, annoncée le même mois, comprend une usine de sulfate de lithium de 400 millions de dollars à Bikita — un investissement qui se retrouve désormais confronté à une obligation de restructuration de la direction, ajoutant un risque opérationnel à un programme de développement déjà complexe.