f 𝕏 in ig yt EN | FR
Africa's Mining Industry Directory
List company →
Business Listings
Afrique · December 13, 2024

Pourquoi la certitude des politiques détient la clé de la relance minière de l’Afrique du Sud

Le réexamen en cours des réglementations minières par le Department of Mineral Resources and Energy offre à l’Afrique du Sud une occasion décisive…
MI
MineDir Admin
December 13, 2024
· 8 min read
Share 𝕏 Tweet in Post
Pourquoi la certitude des politiques détient la clé de la relance minière de l’Afrique du Sud

Le réexamen en cours de la réglementation minière par le Department of Mineral Resources and Energy offre à l’Afrique du Sud une occasion décisive de remodeler son industrie minière. Avec des politiques adaptées, ce processus pourrait attirer les investissements nécessaires pour transformer l’un des secteurs économiques les plus importants du pays, créer des emplois et assurer une prospérité à long terme. Toutefois, pour y parvenir, le gouvernement doit se concentrer sur la mise en place d’un environnement réglementaire stable et prévisible, et éviter les erreurs qui ont freiné les progrès par le passé.

Les enjeux ne pourraient être plus élevés. L’Afrique du Sud abrite certains des gisements minéraux les plus riches au monde, notamment des métaux du groupe du platine, du manganèse, du chrome, du vanadium et de l’or. Ces minéraux sont de plus en plus essentiels aux avancées technologiques mondiales et à la transition vers une énergie propre. Pourtant, le secteur minier sud-africain, autrefois un leader mondial, a eu du mal à attirer les investissements en raison de l’incertitude réglementaire et d’un manque de confiance dans la capacité du gouvernement à protéger la sécurité des titres.

L’activité d’exploration — moteur crucial de la croissance minière future — a fortement décliné. Entre 2015 et 2023, les dépenses réelles consacrées à l’exploration ont diminué en moyenne de 8,1 % par an, selon Statistics South Africa. Sur la même période, l’investissement fixe global dans le secteur minier a à peine progressé, avec une croissance dérisoire de 0,7 % par an, et la majeure partie de ces dépenses a servi à maintenir les opérations existantes plutôt qu’à développer de nouveaux projets.

Le coût de l’errance politique

Une grande partie de la responsabilité incombe au cadre réglementaire sud-africain. Lorsque le gouvernement a introduit le Mineral and Petroleum Resources Development Act (MPRDA) en 2004, il entendait encourager une plus grande participation et davantage d’équité dans le secteur. Pourtant, près de 20 ans plus tard, cette loi a au contraire créé de l’incertitude, décourageant précisément les investissements qu’elle cherchait à attirer. Les révisions fréquentes de la Mining Charter — désormais dans sa troisième version — ont encore érodé la confiance en déplaçant les repères et en donnant une impression d’instabilité.

Ian Cockerill, ancien PDG de Gold Fields et vétéran de l’industrie minière, a récemment mis en garde contre le fait de suivre l’exemple sud-africain. S’exprimant auprès de Miningmx en novembre, Cockerill a souligné que le code minier de 2004 avait conduit à ce qu’il a appelé une « grève de l’investissement » dans le secteur. « En réalité, a-t-il dit, il n’y a eu aucun nouvel investissement significatif dans l’exploration et le développement minier en Afrique du Sud depuis lors. »

Pendant ce temps, des juridictions concurrentes en Afrique de l’Ouest, en Amérique latine et au Moyen-Orient attirent d’importants budgets miniers et d’exploration. Selon S&P, les dépenses mondiales d’exploration ont reculé de 3 % pour atteindre 12,5 milliards de dollars en 2024, mais des pays comme l’Angola, le Maroc et l’Arabie saoudite ont pris des mesures proactives pour attirer les investisseurs. L’Afrique du Sud, en revanche, voit sa part des dépenses mondiales d’exploration stagner sous 1 % depuis quatre années consécutives.

Sans action urgente, l’avenir du secteur minier sud-africain s’annonce sombre. L’exploration est le nerf de la guerre de l’industrie minière, et sans un flux régulier de nouvelles découvertes minérales, le secteur stagnera. Il ne s’agit pas seulement d’un problème économique, mais aussi social. L’industrie minière emploie directement des centaines de milliers de Sud-Africains et soutient indirectement des communautés entières. Si le secteur se contracte, les effets en cascade se feront sentir dans toute l’économie, en particulier dans l’industrie manufacturière et la construction, qui dépendent de la demande générée par le secteur minier.

Un plan pour la réforme

Le réexamen du MPRDA par le département doit s’attaquer aux causes profondes de ce déclin. Avant tout, la certitude réglementaire doit être rétablie. Les investisseurs doivent savoir que leurs droits sont sécurisés et qu’une fois un accord conclu, les règles ne changeront pas en cours de route. Cela inclut la résolution de la question controversée du principe « once-empowered, always-empowered », qui a été tranchée par les tribunaux mais demeure une source d’incertitude dans le cadre réglementaire actuel.

Un système moderne et transparent de cadastre minier — dont la mise en œuvre est prévue pour juin 2025 — pourrait changer la donne s’il est correctement exécuté. Grâce à une technologie fondée sur le GPS, ce système éliminerait les chevauchements de droits miniers et réduirait les goulets d’étranglement bureaucratiques dans le traitement des demandes. Pendant des années, les revendications superposées ont entraîné des litiges coûteux, sapant la confiance des investisseurs. Si l’Afrique du Sud tient cette promesse, elle enverra un signal fort indiquant que le pays est résolu à créer un environnement réglementaire plus efficace et plus prévisible.

Une autre réforme essentielle est la création d’un guichet unique pour les droits de prospection et d’exploitation minière. À l’heure actuelle, les autorisations de projets miniers exigent de naviguer dans un labyrinthe de départements gouvernementaux, notamment ceux de l’Eau et de l’Assainissement, des Forêts et de la Pêche, ainsi que des municipalités locales. Ce processus fragmenté peut prendre de 18 mois à deux ans — voire davantage — pour qu’un seul droit minier soit approuvé. Rationaliser ces autorisations au sein d’un système coordonné et centralisé réduirait la bureaucratie et démontrerait que l’Afrique du Sud est ouverte aux affaires.

Alors que le gouvernement examine ces réformes, il doit avancer avec prudence afin d’éviter des mesures qui pourraient, par inadvertance, décourager l’investissement. Par exemple, des propositions visant à contraindre les mineurs à vendre les minéraux sur le marché intérieur au moyen de taxes à l’exportation ou de mécanismes de tarification de développement peuvent sembler séduisantes, mais elles risqueraient fort de faire fuir les investisseurs. L’industrie minière est un secteur mondialement concurrentiel, et les entreprises peuvent facilement choisir d’investir dans des pays offrant moins de restrictions et des rendements plus élevés.

L’accent doit rester mis sur la création d’un environnement qui encourage les acteurs locaux et internationaux à engager les capitaux importants nécessaires pour libérer la richesse minérale de l’Afrique du Sud. Cela inclut le soutien à l’exploration, qui est intrinsèquement risquée mais offre des retombées potentiellement transformatrices pour l’économie.

Assurer l’avenir du secteur

L’importance d’une industrie minière florissante va bien au-delà du secteur lui-même. Un secteur minier en croissance stimule la demande de machines, d’équipements et de services, renforçant ainsi la base manufacturière de l’Afrique du Sud. Il génère également des recettes vitales en devises et des recettes fiscales que le gouvernement peut utiliser pour financer les infrastructures et les programmes sociaux.

La demande de financement pour l’exploration montre qu’il existe toujours une confiance dans le potentiel géologique de l’Afrique du Sud. Le fonds commun d’exploration de 400 millions de rands annoncé par l’IDC et le DMRE a déjà suscité un vif intérêt, soulignant l’appétit pour de nouveaux projets. Mais l’enthousiasme seul ne suffit pas. Sans un environnement réglementaire favorable, cette demande ne se traduira pas par le niveau de dépenses d’exploration à grande échelle nécessaire pour revitaliser le secteur.

L’Afrique du Sud a l’occasion d’appuyer sur le bouton de réinitialisation. La question est de savoir si les décideurs saisiront cette opportunité. Avec des politiques claires et cohérentes, et un engagement en faveur de réformes pragmatiques, le gouvernement peut garantir que l’industrie minière demeure, pour les décennies à venir, une pierre angulaire de l’économie.

Tags: Afrique
Related Articles
Leave a Comment
Your comment