f 𝕏 in ig yt EN | FR
Africa's Mining Industry Directory
List company →
Business Listings
À LA UNE · July 18, 2025

Des vétérans des forces spéciales présentent une offre américaine pour Chemaf, cherchant un point d’ancrage stratégique dans la chaîne du cobalt du Congo

Lorsque des responsables congolais ont bloqué ce printemps la vente de Chemaf Resources à Norinco, d’une valeur de 1,4 milliard de dollars, la société de négoce…
MI
MineDir Admin
July 18, 2025
· 5 min read
Share 𝕏 Tweet in Post
Des vétérans des forces spéciales présentent une offre américaine pour Chemaf, cherchant un point d’ancrage stratégique dans la chaîne du cobalt du Congo

Lorsque des responsables congolais ont bloqué ce printemps la vente de Chemaf Resources à Norinco, d’un montant de 1,4 milliard de dollars, les salles de marché de Genève y ont vu un nouvel accrochage dans les guerres du cobalt.

Ce qui a suivi était moins attendu : un consortium mené par le gestionnaire de fonds new-yorkais Orion Resource Partners et Virtus Minerals, une société de la région de Washington composée d’anciens officiers des forces spéciales et du renseignement américains, est intervenu avec une offre concurrente pour le producteur en difficulté. Les négociations sont avancées, mais pas encore exclusives, selon des personnes au fait des discussions.

Pourquoi Chemaf compte

Chemaf contrôle Mutoshi, une mine à ciel ouvert à l’arrêt au Katanga, conçue pour produire 16 000 tonnes de cobalt et 50 000 tonnes de cuivre par an — de quoi fournir du cobalt pour environ 2,5 millions de batteries de véhicules électriques. Elle détient également des dizaines de titres d’exploration dans une province qui fournit déjà environ 70 % de la production mondiale de cobalt. Trafigura Group, qui a arrangé un prêt de 600 millions de dollars pour Chemaf en 2022, demeure le plus important créancier garanti.

Lorsque les prix du cobalt se sont effondrés l’an dernier, les travaux ont été interrompus et Chemaf a commencé à se mettre en vente. Norinco, un fabricant d’armes chinois public qui possède deux autres mines au Congo, a accepté une reprise qui aurait permis de rembourser Trafigura et les banques. Mais la société minière publique congolaise Gécamines, dont le permis sous-tend Mutoshi, a refusé de donner son accord. Des diplomates américains ont également fait pression sur le président Félix Tshisekedi pour qu’il bloque le transfert, arguant qu’un autre accord chinois renforcerait l’emprise de Pékin sur un minerai que Washington juge stratégique.

L’angle américain

Virtus Minerals se présente comme un opérateur « axé sur la mission », doté d’une expertise dans les chaînes d’approvisionnement sensibles. Son président, Gregory Roberts, a servi à la CIA et au sein de la commission du renseignement de la Chambre des représentants ; le directeur général Phil Braun est un Béret vert en service actif. Si l’offre aboutit, Orion financerait l’acquisition tandis que Virtus prendrait le contrôle opérationnel quotidien de Mutoshi et de la mine Étoile, plus petite, de Chemaf.

L’offre s’inscrit dans un projet de cadre États-Unis–RDC sur les minéraux critiques qui lie les investissements américains à une assistance sécuritaire dans l’est du Congo. La Maison Blanche veut des sources alternatives de cobalt pour les usines de batteries nord-américaines, et Kinshasa veut disposer d’un levier face aux mineurs chinois comme aux rebelles soutenus par le Rwanda qui déstabilisent la ceinture cuprifère.

Obstacles sur le terrain

Gécamines a ses propres ambitions : la société publique a déposé une offre concurrente en octobre dernier et a affirmé publiquement qu’elle devait « surveiller toute acquisition » de Chemaf avant de renouveler la licence de Mutoshi. Son président, Guy-Robert Lukama, soutient que les accords étrangers précédents ont laissé trop peu de valeur dans le pays. À moins que Gécamines ne reçoive des actions ou une part plus importante des redevances, elle peut simplement retenir le renouvellement du permis.

Pendant ce temps, la dette de Chemaf reste proche de 900 millions de dollars. Des sources proches de Trafigura indiquent que toute restructuration doit laisser la maison de négoce indemne ou lui conférer des droits d’enlèvement comparables à ceux du montage de prêt de 2022. Le montant qu’Orion est prêt à payer — et la question de savoir si les créanciers non garantis subiront une décote — restent opaques.

Calendrier et géopolitique

Les discussions sont sensibles au facteur temps. Norinco conserve un droit informel de revenir avec une proposition améliorée jusqu’à ce que le ministère congolais des mines rejette formellement son dossier de juin 2024. Les acteurs du marché s’attendent à une décision avant l’African Mining Indaba annuel, début février, où Kinshasa espère se présenter comme une destination d’investissement ouverte mais fermement souveraine.

Pour le consortium américain, le succès dépend de la capacité à convaincre Tshisekedi que Virtus, dirigée par des vétérans, peut stabiliser les opérations, respecter les quotas locaux d’emploi et accélérer le développement plus vite qu’un géant public chinois. Pour Kinshasa, l’enjeu est double : diversifier les partenaires et injecter de nouveaux capitaux dans un actif essentiel à l’économie des batteries.

Les fabricants de batteries réajustent déjà leurs cartes d’approvisionnement. Benchmark Mineral Intelligence prévoit une hausse de 35 % de la demande de cobalt d’ici 2030, même si certaines chimies réduisent l’intensité en cobalt. Si Mutoshi entrait en production à sa capacité nominale, il figurerait parmi les trois plus grandes sources mondiales sur un seul site — juste derrière Tenke Fungurume de CMOC et à un niveau comparable à Mutanda de Glencore. Concrétiser ce potentiel avec une logistique sécurisée — rail vers Dar es Salaam et accord d’électricité avec la société publique SNEL — reste le défi majeur.

Tags: À LA UNE
Related Articles
Leave a Comment
Your comment