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Afrique · December 05, 2024

La crise de l’exploitation aurifère illégale sous les projecteurs des élections au Ghana

Alors que le Ghana se rend aux urnes ce week-end, la question de l’exploitation aurifère illégale, connue localement sous le nom de “galamsey,”…
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MineDir Admin
December 05, 2024
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La crise de l’exploitation aurifère illégale sous les projecteurs des élections au Ghana

Alors que le Ghana se rend aux urnes ce week-end, la question de l’exploitation aurifère illégale, connue localement sous le nom de “galamsey,” s’est imposée comme un point de convergence crucial, soulignant la lutte complexe du pays pour concilier ses besoins économiques avec la préservation de l’environnement. Avec le vice-président Mahamudu Bawumia du New Patriotic Party (NPP) au pouvoir et l’ancien président John Mahama du National Democratic Congress (NDC) de l’opposition engagés dans une course serrée, le galamsey est devenu un symbole puissant de défis nationaux plus profonds — le chômage, la pauvreté et la dégradation écologique.

Le Ghana, sixième producteur d’or au monde et deuxième exportateur de cacao, fait face à une destruction environnementale croissante causée par l’exploitation minière non réglementée. Des plantations de cacao autrefois prospères dans des régions comme l’Ouest et l’Ashanti ont été ravagées, avec plus de 19 000 hectares perdus au profit de l’exploitation minière. Des rivières telles que la Pra et l’Ankobra, essentielles à l’agriculture et à l’eau potable, sont contaminées par des ruissellements de mercure et de cyanure, menaçant à la fois la santé publique et la sécurité alimentaire. La Ghana Water Company a averti à plusieurs reprises que la pollution des sources d’eau compromet désormais les moyens de subsistance de millions de personnes.

Malgré les opérations de répression menées par le gouvernement, notamment la destruction d’équipements miniers par l’armée et des patrouilles destinées à protéger les plans d’eau, l’exploitation minière illégale persiste, alimentée par les prix élevés mondiaux de l’or et un chômage généralisé. L’exploitation aurifère illégale représente désormais 40 % de la production d’or du pays, employant plus d’un million de personnes, dont beaucoup opèrent en dehors de toute réglementation formelle. Ce commerce non réglementé enrichit non seulement des réseaux clandestins, mais prive également l’État de milliards de recettes — plus d’un milliard de dollars de pertes annuelles dues à la contrebande d’or, selon le ministère des Finances du Ghana.

Bien que l’administration du président Nana Akufo-Addo ait promis d’éradiquer le galamsey en 2017, cette pratique s’est étendue plutôt que réduite. La faiblesse de l’application des lois et les allégations de collusion entre des responsables locaux et des syndicats criminels ont compromis les efforts visant à réglementer le secteur. Le recours du gouvernement à la force n’a pas permis de s’attaquer aux causes profondes de la crise, telles que l’absence de moyens de subsistance alternatifs viables pour ceux qui dépendent de l’exploitation minière.

La crise dépasse les seuls dommages environnementaux et menace la position mondiale du Ghana en tant que puissance exportatrice de cacao. L’exploitation minière illégale a entraîné la déforestation, la dégradation des sols et la baisse des rendements cacaoyers, mettant en péril une industrie qui contribue à plus de 2 milliards de dollars par an à l’économie. Par ailleurs, les implications économiques plus larges du galamsey sont considérables, car la destruction des terres fertiles et des ressources en eau compromet la productivité agricole dans des régions déjà vulnérables au changement climatique.

Le galamsey occupe également une place importante dans le débat politique, les deux grands partis faisant l’objet d’un examen public pour leur incapacité à résoudre la crise. Les manifestations se sont intensifiées ces derniers mois, reflétant une frustration croissante face aux promesses politiques non tenues. La question est devenue un test décisif de la responsabilité gouvernementale et un cri de ralliement pour une génération qui réclame des solutions urgentes et durables.

Alors que le Ghana se prépare à élire son prochain président, les enjeux sont énormes. Le prochain gouvernement sera soumis à une pression immense pour élaborer une stratégie globale qui non seulement freine l’exploitation minière illégale, mais s’attaque aussi à ses moteurs socio-économiques. Les solutions pourraient consister à formaliser l’exploitation minière artisanale, à favoriser des possibilités d’emploi alternatives et à appliquer des protections environnementales plus strictes. Sans action décisive, le Ghana risque de subir davantage de dommages écologiques, une instabilité économique et un héritage amoindri en tant que nation riche en ressources.

Tags: Afrique Or À LA UNE
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