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Afrique · January 26, 2025

L’Égypte mise gros sur une refonte du secteur minier pour relancer son économie et attirer les investisseurs mondiaux

L’Égypte s’efforce de transformer son secteur minier longtemps négligé en un pilier de la relance économique, en lançant de vastes réformes…
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MineDir Admin
January 26, 2025
· 5 min read
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L’Égypte mise gros sur une refonte du secteur minier pour relancer son économie et attirer les investisseurs mondiaux

L’Égypte se précipite pour transformer son secteur minier longtemps négligé en pilier du redressement économique, en lançant de vastes réformes pour attirer les capitaux étrangers et exploiter d’immenses réserves inexploitées d’or, de cuivre et de minéraux critiques. Cette offensive intervient alors que la nation nord-africaine cherche à diversifier ses sources de revenus dans un contexte de crise de la dette écrasante et de ruée mondiale vers les métaux essentiels à la transition vers l’énergie verte.

De la paperasserie au tapis rouge
Sous le gouvernement du président Abdel Fattah El-Sisi, l’Égypte a adopté une série de mesures favorables aux investisseurs, notamment une simplification des licences, des incitations fiscales et des garanties contre la nationalisation — un virage marqué par rapport à son régime minier historiquement opaque et bureaucratique. Ces changements visent à positionner l’Égypte comme une alternative stable à la région du Sahel en Afrique de l’Ouest, où les régimes militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont inquiété les investisseurs en renégociant des contrats et en exigeant des participations publiques plus importantes.

« Nous n’ouvrons pas seulement des portes ; nous reconstruisons toute la maison », a déclaré Tarek El Molla, ministre égyptien du pétrole et des ressources minérales, dans un entretien. Une nouvelle loi minière, adoptée fin 2024, réduit fortement les taux de redevances pour les minéraux stratégiques et permet aux entreprises de rapatrier plus librement leurs bénéfices. Le gouvernement a également lancé un portail numérique pour accélérer les permis d’exploration, réduisant les délais d’attente de plusieurs années à quelques mois.

Ruée vers l’or 2.0
Les réformes attirent déjà l’attention. Centamin, l’exploitant britannique de la mine d’or de Sukari en Égypte — la plus grande du pays — a annoncé en décembre son intention d’augmenter sa production de 25 % d’ici 2026. La canadienne Aton Resources fore près du site de Sukari, tandis que la société publique Shalateen Mining Company prévoit de mettre aux enchères ce trimestre des licences pour 15 concessions d’or et de cuivre.

Mais le plus gros enjeu réside dans les minéraux critiques. Des relevés satellitaires suggèrent que le Désert oriental de l’Égypte recèle d’importants gisements d’éléments de terres rares, de cobalt et de lithium — des métaux essentiels aux batteries des véhicules électriques et aux infrastructures d’énergie renouvelable. Le Caire a discrètement courtisé les constructeurs automobiles et les géants des batteries, en offrant des exonérations fiscales pour les projets qui transforment les minéraux sur le territoire national.

Manœuvre géopolitique
Les analystes estiment que la refonte du secteur minier égyptien relève autant de la géopolitique que de l’économie. Alors que les pays occidentaux cherchent à réduire leur dépendance aux chaînes d’approvisionnement dominées par la Chine, l’Égypte se positionne comme un partenaire stratégique. La Banque américaine d’import-export et la Banque européenne d’investissement seraient en pourparlers pour financer des projets d’infrastructure reliant les mines au canal de Suez, une porte d’entrée vers les marchés mondiaux.

« L’Égypte offre quelque chose de rare sur le marché actuel : l’échelle, la localisation et un gouvernement avide d’accords », a déclaré Farid Ahmed, analyste minier basé à Dubaï chez Citigroup.

Des risques persistent
Des défis demeurent. Malgré les assurances, les investisseurs s’inquiètent de l’historique de l’Égypte en matière de changements réglementaires brusques. Un différend en 2023 sur le partage des bénéfices à Sukari a vu Centamin menacer brièvement de recourir à l’arbitrage — un rappel de la fragilité du secteur. Les préoccupations environnementales sont également présentes : des militants avertissent qu’une surveillance laxiste pourrait endommager des écosystèmes désertiques fragiles.

Par ailleurs, le gouvernement est sous pression pour concilier investissement étranger et scepticisme du public. « L’exploitation minière ne fonctionnera pas si les Égyptiens la perçoivent comme une nouvelle captation de ressources », a déclaré Hanaa Elshamy, économiste basée au Caire. « La richesse doit se traduire par des emplois et des infrastructures. »

Prochaines étapes
Le véritable test interviendra à la mi-2025, lorsque l’Égypte accueillera son premier appel d’offres minier international dans le cadre des nouvelles règles. Des initiés du secteur laissent entendre que des majors comme Barrick Gold et Rio Tinto envisagent de soumissionner — un vote de confiance potentiel dans les ambitions du Caire.

Pour une nation confrontée à une inflation de 30 % et à l’affaiblissement de sa monnaie, les enjeux ne pourraient guère être plus élevés. « Il ne s’agit pas seulement d’exploitation minière », a déclaré El Molla. « Il s’agit de réécrire l’histoire économique de l’Égypte. »

Tags: Afrique
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