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R.D. Congo · July 17, 2026

la RD Congo a levé les scellés sur les bureaux de Glencore. La question fiscale la plus épineuse demeure.

ST
Staff Writer
July 17, 2026
· 5 min read
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la RD Congo a levé les scellés sur les bureaux de Glencore. La question fiscale la plus épineuse demeure.
La République démocratique du Congo a levé les scellés fiscaux apposés sur les bureaux de la Kamoto Copper Company (filiale de Glencore), mettant ainsi fin à la phase la plus visible d'un bras de fer qui menaçait bien plus que la simple gestion quotidienne de l'une des plus importantes exploitations de cuivre et de cobalt du pays.
Cette décision émane du ministère des Finances, suite à la reprise des discussions entre le gouvernement et Glencore. La production s'était poursuivie durant toute la durée de l'intervention et l'entreprise affirme être toujours en pourparlers avec les autorités. Toutefois, les bureaux ont rouvert sans que le différend fiscal sous-jacent ne soit résolu. L'administration fiscale congolaise soutient que Kamoto doit des milliards de dollars à l'État, une créance que Glencore conteste. Semafor
Ce revirement revêt une importance qui dépasse le simple cadre d'un recul administratif. Il témoigne d'une prise de conscience à Kinshasa : le recouvrement forcé de créances fiscales contestées, via des mesures pouvant paraître imprévisibles ou disproportionnées, a un coût.
Le président Félix Tshisekedi avait averti que les saisies à répétition de comptes bancaires, la mise sous scellés de locaux d'entreprises et les redressements fiscaux imprévus alourdissaient les coûts d'exploitation et nuisaient à la confiance envers le secteur minier congolais. Il a donné pour instruction aux ministères et aux administrations fiscales concernés de ne recourir aux mesures coercitives qu'à titre exceptionnel, en veillant à ce qu'elles soient juridiquement fondées et proportionnées, tout en privilégiant le dialogue et la conciliation.
Cette intervention met en lumière l'équilibre délicat au cœur de la stratégie minière du Congo. L'État a des raisons légitimes d'exiger davantage d'un secteur qui génère la majeure partie de ses recettes d'exportation. Un audit réalisé en octobre 2025 a révélé que les compagnies minières avaient sous-déclaré 16,8 milliards de dollars de revenus entre 2018 et 2023, privant ainsi les fonds de développement locaux de plus de 50 millions de dollars. Plusieurs grands opérateurs ont contesté ces conclusions ou affirmé s'être conformés au code minier.
Un manque de fermeté dans l'application de la réglementation renforcerait l'idée, largement répandue, que le Congo génère une immense richesse minière sans en capter une part suffisante de la valeur. À l'inverse, une application perçue par les investisseurs comme incohérente risque d'augmenter les coûts de financement, de retarder les transactions et de décourager précisément les capitaux à long terme que le gouvernement dit vouloir attirer.
Le cas de Kamoto rend cette tension particulièrement visible.
Cette opération s'inscrit dans le cadre d'un projet de transaction entre Glencore et l'Orion Critical Mineral Consortium, un partenariat réunissant Orion Resource Partners, l'US International Development Finance Corporation et la société d'Abou Dabi ADQ. Aux termes d'un protocole d'accord non contraignant, Orion pourrait acquérir 40 % des parts de Glencore dans Kamoto et Mutanda Mining. Une valorisation combinée implicite d'environ 9 milliards de dollars a été attribuée à ces actifs.

La distinction est importante : Orion ne s'est pas engagé à investir directement 9 milliards de dollars dans Kamoto. Ce chiffre correspond à la valorisation retenue pour les deux actifs dans le cadre de cette éventuelle prise de participation minoritaire.

S'il aboutit, cet accord conférerait à des capitaux soutenus par les États-Unis une position commerciale majeure dans deux importantes exploitations congolaises de cuivre et de cobalt. Il s'inscrit dans la volonté de Washington de mettre en place des chaînes d'approvisionnement indépendantes des réseaux miniers et de transformation dominés par la Chine. Pour Kinshasa, cette opération pourrait démontrer que son partenariat minier avec les États-Unis se traduit par des investissements significatifs.

Toutefois, ce projet d'accord rend également difficile de considérer la prévisibilité réglementaire comme une question secondaire. Un investisseur potentiel doit évaluer l'impact qu'un redressement fiscal contesté pourrait avoir sur l'actif, sur le prix de la transaction et sur son exposition future. Un traitement de faveur accordé à des projets soutenus par les États-Unis engendrerait un autre risque : celui de donner l'impression qu'un soutien géopolitique peut soustraire certains investisseurs aux mesures d'application de la loi imposées aux autres compagnies minières.

Le défi pour le Congo ne consiste donc pas à choisir entre la perception des recettes fiscales et l'investissement, mais à bâtir des institutions capables de garantir les deux.

La levée des scellés a constitué une mesure de désescalade nécessaire, surtout après l'intervention du président. Elle ne permet pas de déterminer si le redressement fiscal est fondé, si Glencore a effectivement sous-payé l'impôt ou comment un éventuel règlement devrait être calculé. Ces questions doivent être tranchées dans le cadre d'un processus capable de résister à l'examen juridique, fiscal et public.

L'issue de cette affaire aura des répercussions bien au-delà du site de Kamoto. Le Congo demande aux investisseurs internationaux de financer des mines, des usines de transformation et des infrastructures tout en acceptant un État plus fort et plus exigeant. En retour, les investisseurs attendent du Congo qu'il fasse respecter la loi en s'appuyant sur des règles compréhensibles, contestables et appliquées de manière cohérente.

Les bureaux ont rouvert. Le véritable test — savoir si le Congo peut renforcer sa souveraineté fiscale sans ébranler la confiance des investisseurs — reste à relever.



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