La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a présenté son pays riche en minerais comme un acteur indispensable de la transition énergétique mondiale lors d’une allocution marquante au Annual Investment Meeting Congress la semaine dernière.
“Nous disposons d’un potentiel énorme, que ce soit en minéraux stratégiques, en terres arables ou en ressources en eau,” a déclaré Suminwa aux responsables politiques et économiques réunis, soulignant que les vastes gisements de minéraux critiques du Congo représentent bien plus que de simples matières premières — ils constituent des atouts fondamentaux dans l’élan mondial vers la décarbonation.
Cette nation d’Afrique centrale détient certaines des plus grandes réserves mondiales de cobalt, de lithium et de cuivre — des matériaux essentiels pour les batteries de véhicules électriques, les panneaux solaires et les éoliennes. Le Congo produit actuellement plus de 70 % du cobalt mondial et figure parmi les principaux fournisseurs de cuivre, ce qui lui confère un levier important à mesure que la demande pour ces matériaux s’accélère.
L’argumentaire de Suminwa allait au-delà du simple potentiel des ressources brutes, en mettant l’accent sur les réformes en cours visant à améliorer le climat d’investissement. “Nous mettons en œuvre des changements structurels pour renforcer la sécurité juridique des investisseurs et améliorer les partenariats public-privé,” a-t-elle déclaré, répondant aux préoccupations liées à l’environnement des affaires historiquement difficile du pays.
La gestion environnementale a occupé une place importante dans ses propos. La Première ministre a souligné la création par le Congo d’aires protégées couvrant plus de 500 000 kilomètres carrés, dont 108 000 kilomètres carrés de forêt — un engagement significatif pour un pays qui se positionne à la fois comme une puissance minière et un gardien de l’environnement.
En marge du sommet, Suminwa a tenu des discussions stratégiques avec le ministre du Commerce extérieur des Émirats arabes unis, Dr. Thani bin Ahmed Al Zeyoudi, axées sur des projets conjoints dans des secteurs clés. Les analystes considèrent cet échange comme faisant partie de la stratégie plus large du Congo visant à attirer des investissements dans les infrastructures et l’énergie, afin de soutenir la transformation locale des minerais plutôt que de continuer à dépendre des exportations de matières premières.
La présence de la Première ministre à Dubaï reflète les efforts croissants du Congo pour tirer parti de sa position stratégique dans les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques, dans un contexte de concurrence accrue entre grandes puissances pour des ressources essentielles aux technologies des énergies renouvelables et aux applications de défense.