Un rapport conjoint de l’organisme de surveillance de la transparence des industries extractives du Nigeria, NEITI, et de l’organisation de la société civile ANEEJ, financé par le gouvernement britannique, a révélé que les flux financiers illicites dans le secteur minier nigérian sont alimentés par une combinaison d’acheteurs étrangers, de sociétés écrans, d’opérations minières illégales, de corruption officielle et de contrebande transfrontalière. Le rapport a été publié en mai 2026.
Les acheteurs étrangers — identifiés dans le rapport comme étant principalement des acteurs chinois — seraient en mesure d’exercer une influence disproportionnée sur les prix, les modalités d’achat et les circuits d’exportation, en négociant directement sur les sites miniers. Le rapport soutient que cela permet une sous-évaluation systématique des minerais, la manipulation des teneurs et des poids, ainsi que des arrangements de paiement informels qui contournent les circuits officiels de recettes. Les entreprises étrangères dissimulent fréquemment les bénéficiaires effectifs au moyen de sociétés écrans enregistrées en vertu du droit nigérian, en recourant à des intermédiaires locaux pour obtenir des licences et des permis, une pratique que le rapport décrit comme facilitant la fausse facturation commerciale et le blanchiment d’argent.
Malgré la présence d’au moins 44 minerais commercialement exploitables, le secteur minier nigérian n’a contribué qu’à hauteur de 0,72 % du PIB, 0,28 % des recettes publiques et 0,75 % des exportations en 2023. À titre de comparaison, le pétrole et le gaz ont représenté 29 % des recettes et 82 % des exportations sur la même période. L’Unité de renseignement financier du Nigeria a classé l’exploitation minière illégale comme une menace émergente pour l’économie et la sécurité nationale.
On estime que 80 % des activités minières dans le Nord-Ouest du Nigeria sont illégales, avec une forte hausse entre 2022 et 2024 dans les zones touchées par le banditisme et le terrorisme. Le rapport a relevé un chevauchement croissant entre certains intérêts commerciaux liés à la Chine et les dynamiques locales de conflit dans la région. La condamnation, en mai 2025, de quatre ressortissants chinois dans l’État du Plateau — chacun à 20 ans de prison avec confiscation des avoirs — est présentée comme une exception plutôt que comme une tendance en matière d’application de la loi. Le ministère nigérian du Développement des minéraux solides et l’ambassade de Chine à Abuja n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.