La République démocratique du Congo (RDC), qui abrite d’immenses gisements de cobalt, de cuivre et de lithium essentiels aux marchés mondiaux de l’énergie, est confrontée à des défis systémiques dans son secteur minier. Le 13 novembre 2024, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a proposé la convocation d’un forum national sur les mines (« états généraux des mines ») afin de s’attaquer à la corruption, à l’exploitation illégale des ressources et aux problèmes de gouvernance qui continuent de freiner le potentiel de l’industrie.
La proposition de Kamerhe intervient dans un contexte de critiques croissantes visant de hauts responsables, notamment des parlementaires et des ministres, qui auraient obtenu des permis miniers à des fins personnelles. Il a également dénoncé le rôle d’opérateurs illégaux, qualifiés de « protecteurs illégaux », qui couvrent des activités minières illicites. L’industrie minière congolaise reste minée par des problèmes profondément enracinés tels que la dégradation de l’environnement, le travail des enfants, des conditions de travail dangereuses et un manque généralisé d’application de la réglementation.
Exploitation minière illégale et pertes de recettes
Malgré les efforts de réforme en cours, le secteur continue de lutter contre l’extraction illégale et la contrebande. Lors d’une récente session parlementaire, le ministre des Mines Kizito Pakabomba a mis en lumière l’ampleur de ces défis, en particulier dans la province du Nord-Kivu. La région, riche en gisements d’or, est devenue un centre d’activités minières non autorisées et de contrebande transfrontalière qui privent le Congo de recettes cruciales. Ces activités affaiblissent non seulement la capacité du gouvernement à générer des revenus, mais alimentent également des réseaux criminels et perpétuent l’instabilité dans les zones minières.
Bien que les ressources minières du Congo représentent une part importante de ses recettes d’exportation, le gouvernement a eu du mal à faire en sorte que ces revenus se traduisent par des bénéfices économiques plus larges. L’instabilité politique, la résistance des communautés et l’insuffisance de la supervision ont ralenti la mise en œuvre des réformes visant à améliorer la gouvernance et à réglementer les opérations.
Pression en faveur de réformes structurelles
L’appel de Kamerhe à un forum national sur les mines reflète un consensus croissant sur la nécessité d’un changement structurel. L’initiative proposée vise à réunir des responsables gouvernementaux, des représentants du secteur privé et la société civile afin d’établir des règles d’engagement plus claires, de freiner la corruption et d’améliorer les mécanismes d’application. Ses partisans y voient une occasion de restaurer la confiance dans le secteur et d’aligner les politiques minières du pays sur les normes mondiales.
Les principaux objectifs du forum comprennent la formalisation des pratiques de l’exploitation minière artisanale, le renforcement du contrôle des permis miniers et la prise en compte des doléances locales concernant la répartition des ressources. En donnant la priorité à la gouvernance et à la redevabilité, la RDC entend attirer des investissements dans des projets miniers durables et socialement responsables.
Les enjeux sont considérables. Alors que la demande mondiale en minéraux critiques s’envole, notamment pour les batteries de véhicules électriques et les technologies d’énergie renouvelable, le Congo est idéalement placé pour en tirer profit. Toutefois, à moins que le gouvernement ne parvienne à s’attaquer aux failles structurelles sous-jacentes du secteur, le pays risque de passer à côté d’une occasion de mettre ses ressources au service d’une croissance économique à long terme