KINSHASA—Les trois principales régies de recettes de la République démocratique du Congo ont collecté un total de 4,75 billions de francs congolais (environ 211 millions de dollars) au cours du cycle fiscal d’avril 2026, dépassant de 2,58 % l’objectif budgétaire du mois, a annoncé le ministère des Finances.
L’Autorité des douanes et accises (DGDA) a affiché la meilleure performance par rapport aux prévisions, à 107,96 % de son assignation, suivie de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) à 104,14 % et de la Direction générale des impôts (DGI) à 101,39 %. La DGI à elle seule a mobilisé 3,54 billions de francs contre une assignation de 3,49 billions, les recettes au titre de l’impôt sur les bénéfices et profits (IBP) ayant été concentrées en amont de l’échéance de dépôt du 30 avril.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a attribué une partie de cette surperformance à un mécanisme de dialogue pré-déclaratif entre les grands contribuables et l’administration fiscale, formalisé en vertu de l’article 18 de la loi de finances 2026. De grands contribuables du secteur minier ont pris part au processus, conçu pour aligner les déclarations des entreprises sur les attentes de l’administration avant leur dépôt et réduire le nombre de redressements post-déclaration.
Ce résultat est notable dans un contexte macroéconomique marqué par l’appréciation du franc congolais. Le resserrement de la politique monétaire de la Banque Centrale du Congo depuis le quatrième trimestre 2025 a ralenti la formation des prix intérieurs et renforcé la monnaie, deux facteurs qui compriment généralement les recettes fiscales nominales en monnaie locale. Le gouvernement a cité une mesure complémentaire — un principe de neutralité fiscale appliqué aux fluctuations de change — comme ayant compensé cet effet négatif.
Les moteurs sectoriels ont été inégaux. La croissance de la DGDA a été attribuée à une hausse de la fiscalité pétrolière, notamment la suppression de l’accès aux subventions sur les carburants pour les opérateurs miniers. Les recettes de la DGRAD ont été soutenues par l’intensification des missions de contrôle dans les secteurs de l’environnement et du développement durable. La situation sur l’ensemble de l’année demeure exigeante : le budget 2026 approuvé par le Conseil des ministres repose sur des hypothèses de recettes globales nettement supérieures aux réalisations de 2025, et les surperformances mensuelles par rapport aux assignations n’ont pas historiquement débouché sur une réalisation de fin d’année conforme aux objectifs annuels.