Entreprise Générale du Cobalt (EGC), l’entité publique de la République démocratique du Congo qui détient le mandat exclusif d’acheter le cobalt et le cuivre artisanaux, et le négociant en matières premières Trafigura ont achevé leurs premières expéditions de ces deux métaux vers les marchés internationaux via le chemin de fer de Lobito Atlantic Railway (LAR), les cargaisons initiales ayant été acheminées vers des clients américains.
La transaction a été exécutée dans le cadre d’un accord d’enlèvement et de commercialisation conclu pour la première fois entre les deux parties en 2020.
La ligne ferroviaire de 1 300 kilomètres, avec une extension de 450 kilomètres jusqu’à Kolwezi, au cœur du Copperbelt congolais, relie le port en eau profonde de Lobito, sur la côte atlantique de l’Angola, aux zones minières de la RDC. Les opérateurs ont indiqué des temps de transit intérieur d’environ sept jours, positionnant ce corridor comme l’itinéraire le plus court de Kolwezi vers un port maritime africain. LAR est détenue conjointement par Trafigura, Mota-Engil et Vecturis dans le cadre d’une concession de 30 ans.
L’expédition fait suite à la déclaration d’EGC en novembre de ses premières 1 000 tonnes de cobalt artisanal traçable — soit moins de 1 % de la production annuelle congolaise de cobalt, mais le premier volume matériel produit dans le cadre d’un dispositif de diligence raisonnable aligné sur les lignes directrices de l’OCDE. Mercuria Energy Trading a annoncé le même jour une première transaction parallèle avec EGC, avec du cathode de cuivre destiné à être livré à des clients aux États-Unis, aux Émirats arabes unis ou en Arabie saoudite. Les volumes des deux transactions n’ont pas été divulgués.
L’opération intervient dans un contexte d’intervention politique importante à Kinshasa. L’interdiction des exportations de concentré de cobalt décrétée en juin 2025 a été suivie en octobre par un régime de quotas d’exportation, tandis qu’une suspension, fondée sur un audit, du traitement artisanal du cuivre-cobalt s’est achevée entre décembre 2025 et janvier 2026. La période d’audit a été accompagnée de troubles civils à Kolwezi.
Le financement des infrastructures du corridor a été assuré par la U.S. International Development Finance Corporation et la Development Bank of Southern Africa, qui ont ensemble accordé 753 millions de dollars de dette à LAR. Le corridor de Lobito s’inscrit dans le cadre du Partnership for Global Infrastructure and Investment (PGI) du G7, dans le cadre duquel un consortium mené par les États-Unis et l’UE s’est engagé à apporter plus de 320 millions de dollars en subventions, capitaux propres et dette pour l’extension ferroviaire.
Ces expéditions établissent un canal d’exportation opérationnel vers l’Atlantique pour les minéraux critiques congolais, à un moment où les acheteurs occidentaux cherchent à diversifier des chaînes d’approvisionnement concentrées dans le raffinage et l’enlèvement chinois.