La Zambie et la Tanzanie intensifient leurs travaux sur des projets logistiques et énergétiques liés à la production de cuivre, alors que les mineurs recherchent des itinéraires plus fiables vers les marchés d’exportation et les équipements importés. Cet effort intervient alors que la Zambie vise à porter sa production annuelle de cuivre à 3 millions de tonnes métriques au cours de la prochaine décennie, contre environ 700 000 à 800 000 tonnes ces dernières années.
L’accent est principalement mis sur les corridors de Lobito et de Dar es Salaam, ainsi que sur la modernisation du chemin de fer TAZARA et des infrastructures frontalières. Le gouvernement zambien a déclaré que les goulets d’étranglement du transport doivent être résolus si les nouveaux investissements miniers doivent se traduire par une croissance des exportations. La Tanzanie se positionne comme une plateforme de transit et de traitement pour le cuivre et d’autres minerais en provenance du Copperbelt et de la RDC.
Les extensions de mines stimulent la demande en infrastructures
La Zambie a connu une reprise de l’activité de la part de grands producteurs. First Quantum Minerals continue d’investir dans Kansanshi S3 et la mine de nickel Enterprise, tandis que Barrick Gold a poursuivi son expansion à Lumwana et évalue un projet de développement d’un vaste super pit. Vedanta Resources a cherché à reprendre le contrôle de Konkola Copper Mines, où le défi consiste à rétablir la production après des années de sous-investissement et de perturbations opérationnelles.
En RDC, les mines du Haut-Katanga et du Lualaba augmentent également l’offre, ce qui accroît la pression sur les corridors régionaux. Une grande partie de ces volumes transite encore par les ports d’Afrique australe, mais les expéditeurs et les gouvernements souhaitent des alternatives afin de réduire les délais de transit et le risque de congestion.
Le rail, les ports et l’électricité restent les principales contraintes
TAZARA, la ligne ferroviaire reliant Kapiri Mposhi en Zambie à Dar es Salaam en Tanzanie, a longtemps fonctionné en dessous de sa capacité de conception initiale en raison de problèmes d’entretien et de financement. Des responsables des deux pays ont engagé des discussions avec des investisseurs et des entrepreneurs sur la réhabilitation, le matériel roulant et l’amélioration de la signalisation. La modernisation du port de Dar es Salaam fait également partie du plan afin de traiter des volumes miniers plus importants et de réduire les délais de rotation.
L’approvisionnement en électricité constitue un autre problème. Le secteur minier zambien a été touché par des pénuries d’électricité liées à la sécheresse et à la faible production hydroélectrique, contraignant certains opérateurs à recourir davantage à l’électricité importée et à la production de secours. Les nouveaux projets cuprifères nécessiteront des contrats d’électricité plus solides et des améliorations du réseau de transport si les objectifs de production doivent être atteints.
La concurrence régionale pour les flux de cuivre
Le développement logistique comporte une dimension commerciale. L’Angola a promu le corridor de Lobito comme voie d’exportation du cuivre en provenance de la Zambie et de la RDC vers l’Atlantique, avec le soutien de financements occidentaux et d’un intérêt stratégique pour les minéraux critiques. La Tanzanie, pour sa part, renforce son argumentaire en faveur de Dar es Salaam comme débouché oriental pour la même ceinture minière.
- Objectif de production de cuivre de la Zambie : 3 millions de tonnes par an à terme, selon le gouvernement
- Principaux producteurs : First Quantum, Barrick, Mopani, KCM et des exploitations chinoises dans le Copperbelt
- Infrastructures critiques : chemin de fer TAZARA, port de Dar es Salaam, postes-frontières, lignes de transport et routes régionales
Pour les sociétés minières, la diversification des itinéraires est importante car les coûts de fret, les retards aux frontières et les interruptions d’électricité affectent les marges autant que les teneurs du minerai dans certaines exploitations. Les décisions concernant les concessions ferroviaires, la manutention portuaire et les systèmes douaniers transfrontaliers détermineront la rapidité avec laquelle la croissance de la production de cuivre en Zambie et chez les producteurs voisins pourra atteindre les marchés d’exportation.