Oriole Resources a déclaré mercredi avoir obtenu une prolongation cruciale de deux ans pour sa licence de calcaire de Wapouzé, dans le nord du Cameroun, positionnant l’explorateur minier pour tirer parti de la hausse de la demande intérieure en matériaux destinés à la fabrication du ciment. La société cotée sur l’AIM, qui détient une participation de 85 % dans le projet, vise désormais à accélérer le développement en sécurisant un partenaire industriel afin de faire progresser l’actif vers la production.
Les actions d’Oriole Resources (AIM: ORR) sont restées stables à 717,14 pence en début de séance jeudi, tandis que le FTSE AIM All-Share Index a progressé de 1,91 % à 10 765,45.
La société visait initialement l’or à Wapouzé, mais a changé de cap l’an dernier après que des échantillonnages ont identifié un matériau carbonaté de haute teneur, idéal pour la fabrication du ciment — un virage stratégique approuvé par les autorités camerounaises en septembre 2023. Les travaux ont été interrompus dans l’attente du renouvellement de la licence, désormais réglé.
L’industrie cimentière du Cameroun, évaluée à environ 700 millions de livres sterling, importe la quasi-totalité de son clinker — un composant clé dérivé du calcaire — malgré d’abondantes réserves locales. Oriole y voit une opportunité de remplacer des importations coûteuses tout en soutenant les efforts du gouvernement visant à renforcer les chaînes d’approvisionnement nationales.
« Le renouvellement de cette licence est une étape décisive », a déclaré le PDG Tim Livesey. « S’associer à un leader industriel pourrait débloquer un gisement commercialement viable, générer des revenus de redevances et s’aligner sur la volonté du Cameroun d’atteindre l’autonomie dans la production de clinker. »
La société structure des accords fondés sur des redevances pour l’extraction future, afin de sécuriser des revenus réguliers sans capital initial. Au-delà du ciment, Oriole a souligné un potentiel de demande provenant du secteur aurifère camerounais, où des sous-produits calcaires tels que la chaux vive sont utilisés dans le traitement du minerai et la gestion des déchets.
Les analystes estiment que cette initiative diversifie le portefeuille d’Oriole dans un contexte de volatilité des marchés des métaux précieux. Toutefois, le succès dépend de l’attraction de partenaires dans une région où les défis d’infrastructure et la complexité réglementaire ont dissuadé certains investisseurs.
Le projet Wapouzé se situe dans une région peu explorée, à proximité d’usines de ciment existantes, ce qui pourrait offrir des avantages logistiques. Oriole n’a pas précisé de calendrier pour la production, mais a souligné des « discussions actives » avec des collaborateurs potentiels.