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Afrique · June 20, 2025

Le Mali saisit la mine phare de Barrick dans une confrontation fiscale qui s’intensifie

Un tribunal de commerce de Bamako a confié le contrôle du complexe phare Loulo-Gounkoto de Barrick Gold à un administrateur nommé par l’État pour…
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MineDir Admin
June 20, 2025
· 3 min read
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Le Mali saisit la mine phare de Barrick dans une confrontation fiscale qui s’intensifie

Un tribunal de commerce de Bamako a confié le contrôle du complexe phare Loulo-Gounkoto de Barrick Gold à un administrateur nommé par l’État pour six mois, dernière salve d’un différend fiscal de dix-huit mois qui a déjà gelé les exportations et interrompu l’exploitation minière depuis janvier. Le tribunal a nommé Soumana Makadji, ancien ministre malien de la santé et comptable, comme administrateur provisoire ; Barrick indique qu’elle déposera immédiatement un recours.

Cette décision découle du code minier malien de 2023, qui a relevé les taux de redevance et permet au gouvernement de porter sa participation gratuite dans les nouveaux projets à 30 %. En novembre, les douaniers ont saisi trois tonnes de doré et bloqué d’autres expéditions, affirmant que le producteur canadien devait des arriérés d’impôts. Au début de cette année, un tribunal de Bamako a émis un mandat d’arrêt contre le directeur général Mark Bristow pour des allégations de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme — des accusations que Barrick rejette comme étant politiquement motivées.

Loulo-Gounkoto génère normalement environ 14 % de la production annuelle d’or de Barrick et plus de US $1 billion de chiffre d’affaires. Le site étant en phase de maintenance et de conservation, l’entreprise brûle environ US $15 million a month en frais généraux tout en renonçant à quelque US $1.24 billion de ventes annuelles, selon les documents déposés au tribunal et les estimations de l’entreprise. BMO Capital Markets part désormais du principe que la production ne redémarrera pas avant 2026 et a relevé son taux d’actualisation sur l’actif à 12 %, invoquant un risque accru de perte permanente.

Barrick affirme avoir proposé plusieurs concessions — notamment des paiements d’impôts accélérés et un budget d’approvisionnement local plus important — mais avoir refusé des conditions qu’elle estime contraires à sa convention existante. Une procédure d’arbitrage parallèle est en cours au Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements de la Banque mondiale, où Barrick demande des mesures d’urgence pour faire suspendre la prise de contrôle.

Pour la junte malienne, cette confrontation constitue un cas test de ses politiques plus strictes en matière de ressources. Le président de transition Assimi Goïta a fait adopter des textes imposant le raffinage local et des participations accrues de l’État, à l’image de mesures prises en Guinée, au Niger et au Burkina Faso. Les investisseurs avertissent toutefois que ce précédent d’administrateur pourrait freiner les nouveaux capitaux dans tout le Sahel, alors même que la région s’efforce de monétiser des prix de l’or record.

Tags: Afrique
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