Le gouvernement canadien injecte 41 millions de dollars canadiens (30 millions de dollars) dans le projet de cuivre-zinc McIlvenna Bay de Foran Mining Corp., marquant le premier investissement d’Ottawa dans le Fonds stratégique pour l’innovation (FSI) consacré au développement du cuivre au pays.
Le financement, réparti entre des prêts remboursables et des subventions, servira à financer des véhicules miniers alimentés par batterie, des systèmes de recyclage de l’eau et des technologies de gestion des résidus sur le site de la Saskatchewan, qui repose sur le plus grand gisement volcanogène de sulfures massifs non exploité au monde.
L’administration du premier ministre Justin Trudeau a présenté cette initiative comme essentielle pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement de l’Amérique du Nord en énergie propre.
« Il ne s’agit pas seulement d’extraction — il s’agit de réécrire les règles du jeu pour une exploitation minière durable », a déclaré le ministre de l’Innovation François-Philippe Champagne.
Le projet, situé à 65 km à l’ouest de Flin Flon, au Manitoba, sur le territoire de la Nation crie de Peter Ballantyne, pourrait créer 400 emplois et produire suffisamment de cuivre chaque année pour alimenter 650 000 véhicules électriques, selon les estimations de l’entreprise.
Le PDG de Foran, Dan Myerson, a qualifié ce financement de « validation » du plan de l’entreprise visant à tirer parti de l’automatisation et des systèmes de récupération de chaleur pour réduire fortement les émissions opérationnelles.
Cette injection de capitaux intervient alors que le Canada s’efforce de contrebalancer la domination de la Chine dans le traitement des minéraux critiques, Ottawa ayant promis 3,8 milliards de dollars canadiens depuis 2022 pour soutenir les projets miniers.
Mais des risques subsistent. Foran doit débloquer les fonds d’ici 2026 tout en naviguant dans les approbations de permis et la volatilité des prix des métaux. L’étude de faisabilité de l’entreprise prévoit une durée de vie de la mine de 18 ans, mais les analystes notent que le secteur minier de la Saskatchewan reste freiné par des lacunes en matière d’infrastructures. « Le cuivre est essentiel à la décarbonation, mais ces projets se jouent sur l’exécution », a averti Jacques Wortman, analyste des ressources à la Banque Laurentienne.