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R.D. Congo · April 22, 2026

ASM contre l’exploitation minière industrielle au Congo

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Staff Writer
April 22, 2026
· 4 min read
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ASM contre l’exploitation minière industrielle au Congo

L’exploitation minière artisanale et à petite échelle (ASM) et l’exploitation minière industrielle au Congo diffèrent fondamentalement par leur échelle, leur base juridique, leur mode d’exploitation, leur traçabilité et leur profil de risque. Comprendre cette distinction est nécessaire pour toute personne qui s’approvisionne en minerais de la RDC, conseille sur la conformité de la chaîne d’approvisionnement ou analyse le secteur à des fins d’investissement.


Distinction juridique

En vertu du Code minier de la RDC, l’exploitation minière industrielle nécessite un permis d’exploitation (Permis d'Exploitation) délivré par le CAMI à une société constituée en bonne et due forme. L’ASM opère dans des Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) désignées, sans permis individuel, mais sous une désignation de zone approuvée collectivement. En dehors des ZEA, l’exploitation artisanale est illégale.

Les opérateurs industriels doivent satisfaire aux exigences de capacité financière, de capacité technique, de certificat environnemental et de participation de l’État prévues à l’article 71 du Code minier. Les opérateurs ASM dans les ZEA légales ne sont pas soumis aux mêmes exigences et acquittent des charges fiscales plus faibles, bien qu’ils soient soumis à une taxe minière par unité sur la production déclarée.


Modèle de production

L’exploitation industrielle du cobalt et du cuivre en RDC utilise une extraction mécanisée — souterraine ou à ciel ouvert — avec ventilation conçue, soutènement rocheux, circuits de dynamitage et usines de traitement (concentrateurs par flottation ou circuits SX-EW). La production est mesurée en continu, déclarée à la DGI et à la Banque Centrale, et communiquée dans les rapports trimestriels et annuels de l’opérateur.

La production ASM est manuelle. Les mineurs artisanaux creusent avec des outils à main, souvent dans des puits non soutenus, et trient le minerai à l’œil et à la main en surface. La production est vendue à des négociants locaux (negociants) en petits lots et n’est, dans la plupart des cas, ni pesée ni analysée individuellement au point d’extraction.

Le volume agrégé acheminé vers les intermédiaires de traitement est partiellement suivi au moyen des déclarations des négociants, mais il est systématiquement sous-estimé.


Traçabilité et risque

Le cobalt et le cuivre industriels provenant d’opérateurs cotés offrent la meilleure traçabilité, car les données de production au niveau de l’entreprise sont auditées dans le cadre des exigences de cotation en bourse et vérifiées de manière indépendante dans le cadre des processus d’audit environnemental et social. Les dispositifs d’assurance de l’OCDE, du RMI et de Copper Mark s’appliquent également aux opérations industrielles.

Le cobalt ASM présente par défaut une traçabilité plus faible. Les systèmes d’étiquetage physique (iTSCi) et les dispositifs cobalt du RMI comblent en partie cette lacune, mais présentent des limites documentées.

L’inventaire des risques pour le cobalt ASM comprend : le travail des enfants lors du tri en surface ; des conditions de travail souterraines dangereuses ; la présence de groupes armés sur certains sites dans des provinces autres que le Lualaba ; la manipulation des prix dans les réseaux de négociants ; et la sous-déclaration des volumes de production.


Pourquoi les acheteurs s’en préoccupent

Les acheteurs en aval — fabricants de batteries, équipementiers automobiles et leurs fournisseurs de rang 1 — se préoccupent de la distinction ASM/industriel parce que leurs obligations réglementaires l’exigent. Le règlement de l’UE sur les batteries impose une diligence raisonnable sur les chaînes d’approvisionnement en cobalt comme condition d’accès au marché de l’UE. Les règles américaines relatives aux crédits d’impôt pour les véhicules électriques, dans le cadre de l’Inflation Reduction Act, créent des incitations financières liées aux conditions de la chaîne d’approvisionnement. Et le risque réputationnel lié à des cas documentés de travail des enfants ou de violations des droits humains dans les chaînes d’approvisionnement constitue une exposition permanente en matière de gouvernance pour les sociétés cotées.


Tags: R.D. Congo R.D. Congo
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