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R.D. Congo · September 03, 2026

La contrainte liée au cobalt en RDC est d'ordre industriel, et non géologique

ST
Staff Writer
September 03, 2026
· 3 min read
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La contrainte liée au cobalt en RDC est d'ordre industriel, et non géologique


La RDC domine l'extraction mondiale de cobalt, mais exporte une grande partie de la matière sous forme d'hydroxyde. Reconstruire des capacités de transformation en aval nécessite bien plus qu'une simple restriction supplémentaire sur les exportations de produits non transformés.


L'avantage de la République démocratique du Congo en matière de cobalt s'amenuise après les premières étapes de la transformation. Le minerai extrait dans la « Copperbelt » (ceinture de cuivre) est concentré et généralement transformé en hydroxyde de cobalt, mais une grande partie du raffinage en métal ou en produits chimiques de qualité batterie s'effectue hors du pays.


Ce n'est pas faute pour la RDC d'avoir déjà transformé du cobalt par le passé. Des installations telles que celles de Luilu et Shituru faisaient partie d'un système métallurgique antérieur structuré autour de la Gécamines. À son apogée dans les années 1980, ce système conjuguait mines, usines de transformation, main-d'œuvre technique et infrastructures soutenues par l'État.


Le déclin ultérieur de la Gécamines a eu des conséquences dépassant le simple cadre de la production : il a affaibli le tissu industriel nécessaire à l'entretien et au financement d'installations de transformation complexes.


Les restrictions à l'exportation ne suffisent pas à bâtir des raffineries


Kinshasa a restreint à plusieurs reprises les exportations de concentrés de cuivre et de cobalt. Un arrêté du 29 juin 2026 a de nouveau interdit ces exportations, tout en prévoyant des dérogations d'un an dans des circonstances stratégiques. (Rapport de Reuters sur cet arrêté)


Cette mesure incite les entreprises minières à réaliser davantage de transformations sur le territoire national, mais elle ne résout pas les enjeux économiques liés à la production de sulfate de cobalt ou de matériaux pour batteries.


La création de nouvelles installations nécessite une alimentation électrique fiable, de l'eau à usage industriel, des infrastructures de transport, une expertise technique, un financement à long terme et des clients prêts à acheter le produit fini. Les investisseurs doivent également comparer un projet congolais aux capacités de raffinage existantes, notamment en Chine, où plusieurs opérateurs disposent déjà d'usines de transformation en aval.


Il convient également de faire une distinction importante entre transformation et raffinage. La RDC transforme déjà des quantités considérables de minerai extrait en hydroxyde exportable. Passer de l'hydroxyde aux produits chimiques de qualité batterie exige une étape supplémentaire de purification, de contrôle qualité et de qualification par les clients.


Les chiffres officiels du premier trimestre cités par Reuters indiquent que le pays a exporté 51 940 tonnes d'hydroxyde de cobalt, contenant 17 054 tonnes de cobalt. Pour l'heure, ce modèle d'échange illustre le déficit industriel : les opérations congolaises assurent la transformation initiale, tandis que la transformation chimique à plus forte valeur ajoutée reste concentrée ailleurs.

Tags: R.D. Congo R.D. Congo
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