Investir dans le secteur minier de la RDC — que ce soit par le biais d’actions cotées, de l’acquisition directe d’un projet ou d’une coentreprise — exige de comprendre le système de permis, le cadre fiscal, les règles de propriété et l’environnement opérationnel qui régissent toute activité minière dans le pays.
Ce guide présente le processus dans un ordre logique. Il est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou en investissement ; les lecteurs qui s’y fient pour prendre des décisions d’investissement devraient consulter un conseil juridique qualifié en droit minier de la RDC ainsi que des conseillers financiers réglementés dans leur juridiction.
Pourquoi les investisseurs s’intéressent à la RDC
Le secteur minier de la RDC offre une exposition à deux des minerais les plus directement liés à l’électrification mondiale — le cuivre et le cobalt — à grande échelle et à des teneurs difficiles à reproduire ailleurs. Les réserves de ces deux minerais sont importantes par rapport aux totaux mondiaux. Le pipeline de projets autorisés et partiellement développés est profond.
La combinaison de la qualité des ressources et de la trajectoire de croissance crée un argument d’investissement bien compris par les investisseurs institutionnels disposant d’une allocation minière sur les marchés émergents.
Les contrepoids sont fiscaux, liés à la gouvernance et opérationnels.
Le Code minier de 2018 a relevé les redevances, supprimé la clause de stabilité et introduit l’impôt sur les superprofits. Les infrastructures — électricité, routes et logistique — imposent des coûts et des risques auxquels les opérateurs d’autres juridictions ne sont pas confrontés. L’imprévisibilité réglementaire, sans être plus élevée que dans certaines juridictions comparables, constitue une variable réelle dans l’économie des projets.
Véhicules d’investissement
Actions cotées : La forme la plus liquide d’exposition minière à la RDC disponible pour les investisseurs institutionnels. Ivanhoe Mines (TSX/JSE: IVN) offre une exposition à Kamoa-Kakula et Kipushi. Glencore (LSE/JSE: GLEN) offre une exposition à KCC et Mutanda au sein d’un portefeuille minier et commercial diversifié. Barrick Gold (NYSE/TSX: GOLD) offre une exposition à Kibali au sein d’un portefeuille aurifère multi-actifs. AngloGold Ashanti (JSE/NYSE: AU) offre une exposition à Kibali aux côtés d’actifs aurifères sud-africains et internationaux. CMOC Group (HKEX: 2060 / SSE: 603993) offre une exposition à TFM/KFM dans le cadre d’une société minière cotée chinoise fortement exposée à la RDC.
Acquisition de projet ou JV : L’acquisition directe d’un projet minier en RDC nécessite de négocier et de structurer un accord de coentreprise avec une société d’exploitation constituée en RDC, de naviguer dans l’approbation du transfert de permis par le CAMI, de satisfaire aux exigences de participation de l’État prévues à l’article 71 et de réaliser une étude d’impact environnemental et social.
Cette voie est intensive en capital et chronophage, mais elle offre une exposition économique plus directe à des actifs individuels que les positions en actions cotées.
Investissement dans l’exploration en phase précoce : Le système de permis de la RDC permet aux sociétés étrangères d’acquérir des permis d’exploration par l’intermédiaire du CAMI. Des terrains libres existent, bien que la plupart des cibles les plus attractives au Lualaba et au Haut-Katanga soient déjà couvertes par des permis ou aient un historique de permis. Les sociétés juniors d’exploration disposant de permis en RDC sont accessibles via les bourses canadiennes ou australiennes.
Le processus de permis du point de vue de l’investisseur
Comprendre les mécanismes des permis du CAMI est fondamental pour l’analyse des investissements au niveau des projets. Points clés :
Les permis sont transférés avec l’approbation du CAMI. Une acquisition d’actions dans une société minière de la RDC ne transfère pas le permis sans l’approbation du CAMI pour le transfert. L’absence d’approbation du CAMI rend le transfert juridiquement nul. Cela a été une source de litiges dans plusieurs transactions minières historiques en RDC.
La participation de l’État de 10 pour cent n’est pas diluable. Tout nouveau projet en phase PE comportera une participation gouvernementale gratuite et non diluable de 10 pour cent. L’économie du projet doit en tenir compte avant toute décision d’investissement.
Le calendrier du certificat environnemental est imprévisible. Prévoyez 18 à 36 mois pour les processus d’EIES et de certificat dans les nouveaux projets en phase PE. Les dépassements de calendrier sont fréquents.
Les dispositions de stabilité sont absentes. Le Code de 2018 n’inclut pas de clause de stabilité. Les conditions fiscales — y compris les redevances — peuvent être modifiées par voie réglementaire. Intégrez cela dans les modèles DCF des projets avec une analyse de sensibilité autour des variations du taux de redevance.
[Lien interne : "guide des licences" → Pilier : Comment obtenir une licence minière en RDC]
Structure fiscale pour la modélisation
Un modèle de projet cuivre-cobalt en RDC devrait inclure les postes fiscaux suivants :
Redevances : 3,5 pour cent sur le cuivre (ex-works), 10 pour cent sur le cobalt (ex-works). Impôt sur les bénéfices des sociétés : 30 pour cent du bénéfice net. Impôt sur les superprofits (article 251) : 50 pour cent du bénéfice au-delà d’une hausse de prix de 25 pour cent par rapport au prix de l’étude de faisabilité.
Frais de location de surface : redevance annuelle par hectare sur la superficie du permis. Droits à l’exportation : actuellement nuls pour la plupart des métaux exportés depuis la RDC, mais la politique a été réexaminée périodiquement. Retenues à la source sur les dividendes : 10 pour cent pour les entités constituées en RDC, sous réserve des dispositions conventionnelles. PDC et Cahier des Charges : obligations annuelles de développement communautaire financées à un pourcentage déterminé du bénéfice.
Les étrangers peuvent-ils détenir des projets miniers ?
Oui. Le Code minier de la RDC autorise les investisseurs étrangers à détenir des participations majoritaires dans des sociétés minières de la RDC. La participation obligatoire gratuite et non diluable de 10 pour cent de l’État prévue à l’article 71 est la seule exigence obligatoire de participation nationale pour les nouveaux projets en phase PE. Rien n’interdit que les 90 pour cent restants soient détenus par des investisseurs ou des sociétés étrangères.
Les investisseurs étrangers doivent réaliser leur investissement par l’intermédiaire d’une société d’exploitation constituée en RDC (structure SA ou SPRL en vertu du droit OHADA). Les structures de holding mères étrangères ne peuvent pas détenir directement les permis.
Environnement opérationnel
L’environnement opérationnel de la RDC pour l’exploitation minière présente un ensemble de défis qui affectent l’économie et les délais des projets, mais qui restent gérables pour les opérateurs disposant des ressources nécessaires pour y faire face :
Électricité : Le réseau national (SNEL) est peu fiable et insuffisant dans la Copperbelt. Les grands projets ont mis en place leur propre production captive (hydroélectrique à Kamoa-Kakula et Kibali ; mélange diesel et réseau ailleurs). L’électricité captive augmente le coût en capital mais améliore la certitude opérationnelle.
Logistique : Pas d’accès direct à la mer. Le cuivre et le cobalt doivent être acheminés par route et par rail vers les ports de l’océan Indien (Dar es Salaam, Durban) ou, lorsque le corridor de Lobito sera achevé, vers le port atlantique de Lobito en Angola. Les coûts logistiques constituent une composante importante des coûts de trésorerie d’exploitation.
Sécurité :
Les provinces du sud (Lualaba, Haut-Katanga) présentent un environnement sécuritaire relativement stable pour l’exploitation minière industrielle. Les provinces de l’est ont des considérations sécuritaires qui ajoutent des coûts et une complexité opérationnelle aux projets qui s’y trouvent.