L’incapacité à faire avancer les discussions sur le renouvellement du bail de la mine de Tarkwa de Gold Fields — qui expire en 2027 pour une mine produisant 427 000 onces par an — constitue à ce jour l’épreuve la plus déterminante de la question de savoir si la volonté du Ghana de capter une part plus importante des revenus tirés des ressources peut être poursuivie sans porter atteinte aux conditions d’investissement qui sous-tendent son statut de premier producteur d’or en Afrique.
Kenneth Ashigbey, directeur général de la Ghana Chamber of Mines, a formulé la question sans détour dans des propos tenus à Reuters le 15 mai : les révocations de baux, les retards de renouvellement et le non-renouvellement par le gouvernement de la licence de Damang en faveur de l’entrepreneur local Engineers & Planners risquent collectivement d’envoyer aux investisseurs internationaux le signal que la sécurité des titres au Ghana n’est pas fiable. La prise de position publique de l’Institute for Economic Affairs en faveur de l’attribution de Tarkwa à des opérateurs locaux à l’expiration du bail — plutôt que de son renouvellement avec Gold Fields — a ajouté un niveau supplémentaire d’incertitude politique qu’Ashigbey a décrit comme destructeur pour les fondements de l’industrie minière.
La logique politique est intelligible : des prix de l’or à des niveaux records créent une pression budgétaire et populaire pour orienter une plus grande part de la rente vers des entités ghanéennes. Le risque économique est tout aussi clair : les volumes de production de Tarkwa, son intensité capitalistique et sa complexité technique ne peuvent pas être facilement reproduits à court terme par des opérateurs nationaux, et l’incertitude entourant le renouvellement freinera les investissements en capital qui permettraient de maintenir la production au-delà de 2027. L’expérience du Ghana avec Damang — qui a connu une perturbation de la production à la suite du changement de propriétaire — constitue un point de référence que ni le gouvernement ni l’industrie n’ignorent. Gold Fields, le ministère des mines et la Minerals Commission ont tous décliné ou n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.