L’ouverture d’une mine de charbon agrandie dans les opérations Matla d’Exxaro Resources, soutenue par un contrat d’approvisionnement avec Eskom courant jusqu’en 2043, constitue à ce jour l’indicateur le plus concret que le système électrique sud-africain fondé sur le charbon restera structurellement intact bien au-delà des échéances envisagées dans les documents officiels de planification de la transition énergétique du pays.
Exxaro a signé le mois dernier cet accord avec la compagnie publique pour la fourniture de plus de neuf millions de tonnes de charbon par an à la centrale de 3 600 MW de Matla, dans le Mpumalanga, une installation en service depuis 1983 et dont Eskom a prolongé la durée de vie — comme elle l’a fait pour plusieurs installations comparables — en l’absence d’une capacité de remplacement renouvelable suffisante. L’extension, qui comprend un nouveau puits incliné à Matla 1, a été officiellement mise en service le 15 mai 2026.
Caroline Shirindza, responsable exécutive du charbon chez Exxaro, a clairement exposé la position de l’entreprise : les engagements d’approvisionnement en charbon et le développement des énergies renouvelables sont des stratégies simultanées plutôt que séquentielles. L’Afrique du Sud produit actuellement environ 80 % de son électricité à partir du charbon, un chiffre qui reflète non seulement des infrastructures héritées, mais aussi le déficit persistant en nouvelles capacités renouvelables, en capacité d’intégration au réseau et en investissements du secteur privé qui seraient nécessaires pour modifier le mix de production au rythme prévu par le Plan intégré des ressources du pays. Le contrat de Matla établit de fait un plancher commercial à la demande intérieure de charbon thermique jusqu’au milieu des années 2040 — un calendrier qui entre directement en tension avec les engagements de transition juste de l’Afrique du Sud envers ses partenaires internationaux.