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R.D. Congo · April 22, 2026

Redevances minières en RDC, fonds communautaires et règles d’avantages locaux

ST
Staff Writer
April 22, 2026
· 6 min read
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Le Code minier de la RDC fixe les taux de redevance par catégorie de minerai, répartit les recettes collectées entre quatre catégories de bénéficiaires et impose aux opérateurs un ensemble distinct d’obligations communautaires, différentes des redevances mais relevant du même cadre juridique. Les investisseurs et les opérateurs doivent comprendre à la fois le calcul de la redevance et le mécanisme de répartition avant de pouvoir modéliser avec précision l’économie des projets ou les relations avec les communautés.


Comment les redevances sont calculées

Les redevances prévues par le Code minier de 2018 s’appliquent à la valeur départ usine des minerais : le prix à la sortie de la mine, ajusté à la baisse pour les coûts de transport, d’assurance et de raffinage entre la mine et un point de livraison de référence. Cette base départ usine signifie que la redevance est appliquée avant la plupart des coûts de la chaîne de valeur supportés par les opérateurs pour acheminer le produit vers le marché.

La formule de calcul est énoncée aux articles 240 à 242 du Code. Les redevances sont versées mensuellement à la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participation (DGRAD). La DGRAD est l’une des entités publiques qui doivent déclarer les recettes de redevances dans le cadre du rapprochement EITI.

Les déclarations de valeur départ usine sont effectuées par l’opérateur. La DGRAD a le droit de contester les valeurs déclarées si elles semblent incohérentes avec les prix publiés des matières premières ou avec les déclarations d’opérateurs comparables. Les litiges liés aux prix de transfert — lorsqu’un opérateur vend à une entité commerciale affiliée à un prix inférieur au marché afin de réduire l’assiette de la redevance — ont été une source de tensions entre l’État et les opérateurs sur plusieurs grandes exploitations.


Le taux par type de minerai

Taux de redevance en avril 2026 :

Cuivre : 3,5 pour cent de la valeur départ usine Cobalt (stratégique) : 10 pour cent Or : 3,5 pour cent Coltan (stratégique) : 10 pour cent Cassitérite : 3,5 pour cent Wolframite : 3,5 pour cent Zinc : 3,5 pour cent Germanium (stratégique) : 10 pour cent Diamants : 6 pour cent

La désignation de minerai stratégique qui déclenche le taux de 10 pour cent a été introduite dans la révision de 2018 et appliquée au cobalt, au coltan, au germanium et à d’autres minerais énumérés dans un décret ministériel accompagnant le Code. La liste des minerais désignés peut être modifiée par voie réglementaire ministérielle, ce qui donne au gouvernement un mécanisme plus rapide pour faire évoluer les taux qu’une modification complète du Code.

Minerais stratégiques

Pour le cobalt, l’effet pratique du taux stratégique de 10 pour cent sur les exploitations à grand volume est considérable. Une mine produisant 20 000 tonnes de cobalt par an à un prix de 25 000 dollars par tonne génère 500 millions de dollars de revenus de cobalt. Avec une redevance de 10 pour cent sur la valeur départ usine (en supposant des déductions minimales), l’obligation de redevance est d’environ 50 millions de dollars par an pour le seul cobalt. Cela se compare à 10 millions de dollars sous l’ancien taux de 2 pour cent en vigueur avant 2018.


Comment les recettes sont réparties

L’article 242 du Code minier de 2018 précise la répartition des recettes de redevances collectées entre quatre bénéficiaires :

Gouvernement central (Direction Générale des Finances) : 60 pour cent Province concernée : 25 pour cent Entité Territoriale Décentralisée (ETD — l’autorité locale couvrant la zone minière) : 10 pour cent Fonds de Promotion de l'Industrie Minière (FPIM — le fonds de promotion de l’industrie minière) : 5 pour cent

La part provinciale de 25 pour cent et la part de l’ETD de 10 pour cent visent à garantir que les recettes minières parviennent aux gouvernements infranationaux les plus directement touchés par l’activité minière. En pratique, le transfert effectif des parts provinciales et des ETD depuis les comptes centraux a été irrégulier, des retards de décaissement ayant été documentés par le processus de rapprochement EITI RDC. Le rapport EITI 2021 — le plus récent publié — a signalé des arriérés dans les transferts aux provinces et aux ETD pour plusieurs périodes de redevances.

Parts de la province et de l’ETD

L’ETD — généralement le territoire ou la commune où se situe la mine — est l’entité chargée de la gestion des infrastructures locales, des écoles et des structures de santé. La part de 10 pour cent de l’ETD constitue le principal mécanisme fiscal formel par lequel les recettes minières sont censées parvenir aux communautés immédiatement adjacentes aux mines en exploitation. Sa mise à disposition effective dépend de l’architecture de transfert du niveau central vers le niveau local, qui demeure un défi récurrent de gouvernance.

Le Code minier impose aux opérateurs de financer deux instruments communautaires supplémentaires, distincts des obligations de redevance et s’y ajoutant :

Plan de Développement Communautaire (PDC) : un programme annuel de développement communautaire financé par l’opérateur à un pourcentage déterminé du bénéfice après impôt. Le PDC doit répondre aux priorités en matière d’éducation, de santé, d’eau et de développement économique identifiées en concertation avec les communautés affectées.

Cahier des Charges : un contrat formel entre l’opérateur, l’ETD et le gouvernement provincial précisant les engagements en matière d’infrastructures, d’emploi et de services que l’opérateur doit réaliser pendant la durée de vie de la mine. Le Cahier des Charges est spécifique au projet et négocié au moment de la délivrance du permis.


Ces deux instruments sont en principe opposables, mais leur suivi et leur application ont été irréguliers. Les grands opérateurs cotés (Ivanhoe, Glencore, Barrick) publient des rapports annuels de durabilité ou d’exploitation minière responsable décrivant les activités du PDC et l’avancement du Cahier des Charges. Les opérateurs privés fournissent une information moins systématique.

Tags: R.D. Congo R.D. Congo
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