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R.D. Congo · April 22, 2026

Code minier de la RDC expliqué pour les investisseurs et les opérateurs

ST
Staff Writer
April 22, 2026
· 8 min read
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Code minier de la RDC expliqué pour les investisseurs et les opérateurs

Le Code minier de la RDC — officiellement la Loi n° 18/001 du 09 mars 2018, révision du Code de 2002 — régit l’ensemble des droits miniers, des obligations fiscales, des exigences environnementales et des obligations communautaires applicables à l’extraction minière en République démocratique du Congo. Il s’agit du principal document juridique que tout investisseur, opérateur ou acheteur d’offtake doit comprendre avant d’intervenir dans le secteur minier de la RDC.

La révision de 2018 a introduit des changements suffisamment importants pour que les opérateurs ayant négocié les conditions de projets sous le Code de 2002 voient leur économie substantiellement modifiée. Les principales modifications sont : la suppression de la clause de stabilité de dix ans ; l’augmentation des taux de redevance pour les minéraux stratégiques ; une participation minimale accrue de l’État au capital ; l’introduction d’un impôt sur les superprofits ; et l’élargissement des obligations environnementales et sociales.


Ce qui a changé dans le code révisé

Le Code minier de 2002 était largement considéré comme favorable aux investisseurs. Il comportait une clause de stabilité de dix ans en vertu de laquelle les conditions fiscales et douanières convenues au moment de la délivrance d’un permis d’exploitation ne pouvaient pas être modifiées pendant une décennie. Cette disposition de stabilité donnait aux développeurs de projets et aux prêteurs l’assurance que les taux de redevance, les taux d’impôt sur les sociétés et les exonérations de droits d’importation resteraient inchangés pendant la phase initiale d’exploitation du projet.

La révision de 2018 a supprimé cette garantie de stabilité. Les nouveaux projets n’en bénéficient plus, et les projets existants l’ont perdue lors de la promulgation de la révision de 2018. C’est la modification qui a suscité les contestations les plus vigoureuses de la part des opérateurs ; plusieurs sociétés ont engagé un arbitrage international ou des procédures formelles de renégociation après 2018.

Le Code de 2018 a également reclassé plusieurs minéraux — cobalt, germanium, coltan et autres — en substances stratégiques. Ce reclassement a porté le taux de redevance applicable à ces minéraux de 2 pour cent à 10 pour cent de la valeur départ usine.

[Internal link: "royalty rates by mineral" → Pillar: DRC mining royalties, community funds and local benefit rules]

Participation au capital, licences et conditions de renouvellement


Le Code minier de la RDC établit deux principaux types de permis : le Permis de Recherche (PR) pour l’exploration et le Permis d’Exploitation (PE) pour la production. Les deux sont administrés par le Cadastre Minier (CAMI), qui tient le registre minier national et traite toutes les demandes de permis, les renouvellements et les transferts.


Un PR est valable cinq ans et est renouvelable deux fois pour des périodes de cinq ans chacune, sous réserve d’exigences minimales de dépenses et de la restitution d’une partie de la superficie du permis à chaque renouvellement. Un PE est valable trente ans à compter de la date de délivrance et est renouvelable pour des périodes successives de quinze ans sous réserve du respect du Code minier.


En vertu de l’article 71 du Code de 2018, le demandeur d’un permis d’exploitation doit démontrer : la capacité technique d’exploiter la mine ; la capacité financière de financer la construction et la fermeture ; le respect des conditions environnementales, y compris la soumission d’une Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES) et l’obtention d’un Certificat Environnemental auprès du ministère compétent ; et l’acceptation de la participation de l’État au capital de 10 pour cent, non diluable, dans la société d’exploitation.


La participation de l’État de 10 pour cent est accordée gratuitement au gouvernement de la RDC au moment de la délivrance du PE. Elle ne peut pas être diluée par des augmentations de capital ultérieures. La participation côté État est généralement détenue par l’intermédiaire de Gécamines ou d’un véhicule étatique désigné, selon le secteur et la province.


La base de données de gestion des permis du CAMI est accessible au public à l’adresse cadastreminier.cd et permet des recherches par titulaire de permis, province, substance et date d’expiration. La base de données est mise à jour périodiquement ; la vérification formelle du statut actuel d’un permis nécessite un extrait notarié.


Redevances et règles fiscales

Les taux de redevance prévus par le Code de 2018 s’appliquent à la valeur départ usine — le prix déclaré à la sortie de la mine, déduction faite des frais de transport, d’assurance et de raffinage jusqu’à ce point. Taux par catégorie de minéral en avril 2026 :

Cuivre : 3,5 pour cent Cobalt (stratégique) : 10 pour cent Or : 3,5 pour cent Coltan (stratégique) : 10 pour cent Cassitérite : 3,5 pour cent Wolframite : 3,5 pour cent Zinc : 3,5 pour cent Germanium (stratégique) : 10 pour cent Diamants : 6 pour cent

Le mécanisme de l’impôt sur les superprofits — régi par l’article 251 du Code de 2018 — s’applique lorsque le prix réalisé de la matière première dépasse de plus de 25 pour cent le prix retenu dans l’étude de faisabilité. Le taux d’imposition supplémentaire dans ce cas est de 50 pour cent du profit excédentaire au-delà du seuil. L’application pratique de l’article 251 exige une réconciliation annuelle avec la Direction Générale des Impôts (DGI), et la méthodologie de calcul a été une source de litige entre les opérateurs et le gouvernement.


Article 71

L’article 71 est la disposition la plus fréquemment citée dans les négociations au niveau des projets, car il établit les conditions qu’une société doit remplir pour convertir un permis de recherche en permis d’exploitation. Il exige, en résumé : la preuve de la compétence technique et financière ; une EIES validée ; l’acceptation de la participation gratuite et non diluable de 10 pour cent de l’État ; la soumission d’une étude de faisabilité ; et la confirmation d’un plan social et communautaire (Plan de Développement Communautaire).

Le non-respect de ces conditions au stade de la demande entraînera le refus du permis. Les retards dans l’approbation de l’EIES — qui nécessite la validation de l’Agence Congolaise de l’Environnement (ACE) — ont historiquement constitué une source de décalage des calendriers de projet.

Article 241

L’article 241 établit la formule de calcul des redevances et confirme la base de prix départ usine. Il précise également le taux de redevance applicable à chaque catégorie de minéral, en renvoyant à la liste de désignation des substances stratégiques. Les modifications de la liste des substances stratégiques ou du taux de redevance applicable nécessitent un amendement réglementaire plutôt qu’une révision législative complète, ce qui signifie que le gouvernement dispose d’une voie plus rapide pour ajuster les taux qu’une modification standard du Code ne le laisserait entendre.

Certificat environnemental

Le certificat environnemental (Certificat Environnemental) est une condition préalable à la délivrance d’un permis d’exploitation. Il est accordé par le ministère de l’Environnement sur la base d’une EIES achevée et approuvée ainsi que d’un Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES). Le certificat doit être obtenu avant que le CAMI puisse délivrer formellement le PE.

En pratique, le processus d’EIES et de certificat prend entre douze et trente-six mois selon la complexité du projet, l’exhaustivité des données environnementales de référence et le rythme d’examen par le ministère. Les opérateurs qui n’ont pas prévu un délai et des ressources suffisants pour cette étape ont connu d’importants retards de projet.

Obligations environnementales et communautaires

Au-delà du certificat, le Code de 2018 impose aux opérateurs de constituer un fonds de réhabilitation environnementale, calculé en pourcentage du coût total d’investissement du projet, afin de couvrir la fermeture de la mine et la remise en état du site. Les contributions sont versées chaque année à compter du début de la production.

Les obligations sociales comprennent le Plan de Développement Communautaire, un programme annuel de développement communautaire financé à un pourcentage déterminé du chiffre d’affaires du projet, ainsi que le Cahier des Charges — un contrat entre l’opérateur, l’entité territoriale décentralisée concernée (Entité Territoriale Décentralisée, ETD) et le gouvernement provincial, qui précise les obligations de développement local de l’opérateur.


Tags: R.D. Congo R.D. Congo
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