Les prix du cuivre ont pris de l’élan sur les marchés internationaux au cours de la première semaine de juin, apportant un modeste soutien à l’économie de la République démocratique du Congo, dépendante des mines, alors que cette nation d’Afrique centrale demeure l’un des principaux producteurs mondiaux de cuivre.
La matière première s’échangeait à 9 603,05 $ la tonne métrique au 7 juin, soit une hausse de 0,71 % par rapport aux 9 534,90 $ de la semaine précédente, selon des données du ministère du Commerce extérieur du Congo consultées lundi. Cette progression, bien que modeste, témoigne de la vigueur persistante de la demande mondiale de cuivre dans un contexte de contraintes d’approvisionnement qui ont caractérisé le marché tout au long de 2025.
Le secteur cuprifère du Congo, qui génère environ 85 % des recettes d’exportation du pays, devrait bénéficier même de faibles améliorations des prix compte tenu de l’ampleur de ses activités. Le pays produit environ 1,9 million de tonnes par an, soit près de 8 % de la production mondiale, avec de grandes opérations minières concentrées dans la province du Katanga, au sud-est.
L’évolution des prix reflète des tendances plus larges de la demande industrielle, en particulier de la part du secteur manufacturier chinois et des investissements continus dans les infrastructures sur les marchés émergents. Le rôle du cuivre en tant que composant essentiel des infrastructures d’énergie renouvelable — des éoliennes aux batteries de véhicules électriques — a maintenu des niveaux de demande élevés malgré des vents contraires économiques périodiques.
Pour la situation budgétaire du Congo, cette hausse des prix se traduit par des retombées significatives en termes de recettes. Les projections gouvernementales indiquent que chaque hausse de 100 $ du prix du cuivre par tonne génère environ 190 millions de dollars de recettes d’exportation supplémentaires par an, offrant des réserves cruciales de devises à un pays aux prises avec des déficits d’infrastructures et des obligations de dette extérieure.
Le moment est particulièrement important alors que le Congo poursuit des stratégies de valorisation visant à transformer davantage de matières premières sur le plan national plutôt que d’exporter du cuivre cathodique non raffiné. La société publique Gécamines et des partenaires internationaux, dont China Molybdenum et Eurasian Resources Group, ont annoncé des plans d’expansion conditionnés à des niveaux de prix durablement supérieurs à 9 000 $ la tonne.
Les analystes de marché notent que la récente performance du cuivre s’inscrit dans un contexte de perturbations de l’offre au Chili et au Pérou, les plus grands producteurs mondiaux, où des conflits sociaux et des réglementations environnementales ont limité la production. Ces dynamiques ont recentré l’attention sur les producteurs africains, le Congo étant bien placé pour capter une part de marché accrue malgré des défis logistiques persistants liés aux infrastructures de transport et à l’incertitude réglementaire.