Jean-Lucien Bussa, ministre du Portefeuille de la République démocratique du Congo, et Miguel Kashal Katemb, directeur général de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur Privé (ARSP), ont signé le 12 novembre 2024 un mémorandum d’entente (MOU) visant à améliorer la coordination entre les entreprises publiques et les sociétés privées engagées dans des relations avec le vaste portefeuille de l’État du pays. L’accord, approuvé par le Conseil des ministres en juillet, introduit un nouveau cadre de collaboration interentreprises destiné à rationaliser les opérations et à mobiliser les ressources plus efficacement.
Un pilier central du MOU est un système de préférence encourageant les entreprises publiques à privilégier les transactions internes entre elles. Dans certains cas, ce cadre étend cette priorisation aux sociétés privées impliquées dans des travaux de sous-traitance liés au portefeuille de l’État. L’initiative vise à améliorer la gestion des ressources et à favoriser des relations plus solides entre les entités publiques et privées, tout en renforçant le rôle des entreprises liées à l’État dans des secteurs clés de l’économie.
L’accord institue également une Unité conjointe de coordination, une cellule d’experts issus du ministère du Portefeuille et de l’ARSP. Cette unité supervisera les consultations, définira les lignes directrices opérationnelles et suivra la mise en œuvre du cadre. Le ministre Bussa a souligné l’urgence de doter rapidement cette unité en personnel, signalant la volonté du gouvernement de traduire sans délai la politique en actions concrètes.
Maitre Didier Kashala-Kamanda, directeur des opérations à l’ARSP, a indiqué que le MOU orientera également les activités de sous-traitance vers les entreprises liées au portefeuille de l’État. En mettant l’accent sur les partenariats public-privé (PPP), le cadre vise à créer un environnement structuré de partage des connaissances entre les entreprises publiques et les sous-traitants privés, afin d’accroître in fine l’efficacité et la cohésion dans l’exécution des projets.
le MOU s’inscrit dans un effort plus large visant à repenser le rôle des entreprises publiques dans l’économie congolaise, qui demeure fortement tributaire de leurs contributions dans des secteurs allant de l’exploitation minière à l’énergie. Si les responsables gouvernementaux présentent cette initiative comme une étape vers la modernisation de la collaboration interentreprises, son succès dépendra probablement de la capacité à surmonter des inefficacités bien ancrées et à garantir une supervision réglementaire claire.