Le régime élargi de droits de douane nuls de la Chine pour les importations africaines est entré en vigueur vendredi, accordant un traitement préférentiel en franchise de droits aux marchandises provenant des 20 plus grandes économies du continent qui ne sont pas classées parmi les pays les moins avancés, notamment l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigeria, l’Algérie et le Kenya.
La mesure, annoncée par le président Xi Jinping lors du Sommet de l’Union africaine en février et formalisée par la Commission des tarifs douaniers du Conseil des affaires d’État fin avril, s’applique jusqu’au 30 avril 2028. Elle étend aux partenaires commerciaux non PMA le même accès de principe déjà accordé à 33 pays africains les moins avancés depuis décembre 2024, portant le nombre total de pays éligibles à 53 sur 54. L’Eswatini, qui entretient des relations diplomatiques avec Taïwan plutôt qu’avec Pékin, constitue la seule exclusion. Pour les produits soumis à des contingents tarifaires, seul le taux dans le quota tombe à zéro ; le taux hors quota reste inchangé.
L’impact sur le marché se concentre sur les produits agricoles transformés et les biens manufacturés légers. Les droits de douane chinois sur les principales exportations de matières premières des trois plus grandes économies minières d’Afrique subsaharienne — le cuivre et le cobalt de la République démocratique du Congo, le cuivre de la Zambie, ainsi que les métaux du groupe du platine et le minerai de fer de l’Afrique du Sud — étaient déjà nuls. La nouvelle mesure ne modifie donc pas l’économie commerciale des flux de matières premières en vrac qui dominent les recettes d’exportation de ces pays vers la Chine.
Les premières données du programme PMA suggèrent une réponse de la demande significative mais sélective. Les importations chinoises en provenance des 33 pays africains les moins avancés ont augmenté de 15,2 % en glissement annuel au cours des trois premiers mois suivant la mise en œuvre de décembre 2024, atteignant 21,42 milliards de dollars. Le commerce total Chine-Afrique a dépassé 90 milliards de dollars au premier trimestre 2026, en hausse de 23,7 % sur un an, les importations chinoises en provenance d’Afrique ayant progressé de 14,6 %.
Pékin a présenté cette extension comme une première concrétisation dans le cadre de l’Accord de partenariat économique Chine-Afrique (CADEPA), qui couvre le commerce, les chaînes d’approvisionnement, le développement vert et l’économie numérique. Les analystes et la Commission de l’Union africaine ont noté que les préférences tarifaires seules sont peu susceptibles de rééquilibrer les flux commerciaux : les exportations chinoises vers l’Afrique continuent de dépasser les exportations africaines vers la Chine dans des proportions croissantes, et les barrières non tarifaires — coûts logistiques, normes de qualité, exigences de certification — demeurent les contraintes déterminantes pour les exportations industrielles africaines.