La Zambie et la République démocratique du Congo (RDC) ont signé un accord pour construire une route de 145 kilomètres reliant Kolwezi, dans la province riche en minerais du Lualaba en RDC, à Lumwana en Zambie. Le projet, qui passera par les postes frontières de Kambimba-Sakabinda, est le dernier d’une série d’initiatives menées par les deux pays pour approfondir leurs liens économiques et fluidifier la circulation des biens et des services à travers leur frontière commune.
Cette ambitieuse initiative d’infrastructure, officialisée par le ministre zambien des Infrastructures Charles Milupi et le ministre congolais des Infrastructures Alexis Muvunyi, comprend la mise en place d’un poste frontière à guichet unique afin d’accélérer les opérations douanières. La route s’inscrit dans le plan plus large de développement des infrastructures de la Zambie, qui comprend la modernisation d’axes essentiels tels que la Pedicle Road et le poste frontière de Chembe sur le fleuve Luapula. Pour la RDC, le projet promet un meilleur accès aux ports régionaux, réduisant les obstacles logistiques et favorisant son intégration aux corridors commerciaux africains.
Bien que le projet soit présenté comme un facilitateur du commerce, sa véritable valeur pourrait résider dans son potentiel à débloquer une croissance supplémentaire dans le secteur minier. La province du Lualaba, qui abrite 65 % des réserves mondiales de cobalt et de cuivre, joue un rôle crucial dans la transition mondiale vers les énergies renouvelables, ces métaux étant des composants clés des batteries de véhicules électriques. L’amélioration des liaisons de transport devrait réduire les coûts pour les opérateurs miniers et accélérer l’acheminement des matières premières vers les marchés d’exportation.
Les travaux sur le projet ont déjà commencé. Sandstone Consortium Limited, en Zambie, prend en charge le tronçon de 85 kilomètres de son côté de la frontière dans le cadre d’un modèle de partenariat public-privé (PPP). Toha Investment Limited, une société congolaise, prendra en charge les 60 kilomètres restants, la mobilisation du côté de la RDC étant attendue d’ici la mi-décembre.
Malgré l’enthousiasme suscité par l’accord, sa mise en œuvre ne sera pas sans obstacles. Les projets d’infrastructure dans la région sont souvent confrontés à des retards dus à des inefficacités bureaucratiques, à des déficits de financement et à des difficultés de gouvernance. Le succès dépendra de la capacité des deux gouvernements à livrer le projet dans les délais et à veiller à ce que ses bénéfices profitent au-delà des conglomérats miniers aux communautés locales, qui voient souvent peu des retombées économiques promises par de tels développements.
En cas de succès, la liaison Kolwezi-Lumwana pourrait marquer un tournant, en renforçant les flux commerciaux, en stimulant la croissance industrielle et en soulignant le potentiel économique d’une coopération régionale plus approfondie.